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RAMON LLULL

Un géant de la pensée européenne au Moyen-Âge

RAMON LLULL, THÉOLOGIEN CATALAN

Créateur de la langue littéraire catalane, il figure parmi les plus grands hommes du Moyen Âge finissant.

 Né à Majorque en 1232 – † lapidé en 1316 aux portes de Tunis

Il appartient au monde des laïques cultivés qui recueillent tout l’héritage de la scolastique et trouvent un style et une langue neuve pour traduire l’émerveillement de la connaissance intellectuelle. Auteur de près de trois cents ouvrages, en catalan, en latin et en arabe, son œuvre touche à tous les domaines : l’encyclopédisme scientifique, la discussion apologique, la logique mathématique, la poésie amoureuse, la mystique ou le roman philosophique. Son fameux Livre de Blaquerne (1282-1287), écrit de Montpellier, raconte l’itinéraire rocambolesque d’un héros qui lui permet de brosser un portrait du pape idéal.

De son éducation chevaleresque à la cour des rois de Majorque il gardera une grande passion pour l’action. Converti à l’âge de trente ans, le jeune Ramon, guidé par le dominicain Raimond de Peñafort, étudie pendant neuf ans dans son pays natal. Ensuite il s’établit à Montpellier et à Perpignan pour voyager dans tous les grands centres universitaires comme Paris, Gênes, Naples et Rome. A soixante ans, il réalise le grand rêve de sa vie : la mission en terre musulmane. Lui, qui s’intitulait « procureur des infidèles », accepte de partir vers Tunis et Bougie.

Il terminera sa vie à Majorque, âgé de quatre-vingt trois ans, ramené vers son île après une dernière mission en Tunisie.Longtemps suspecté pour ses prises de position audacieuses, condamné même par l’Inquisition (ses œuvres figureront à l’Index jusqu’en 1929), il est entré dans le calendrier liturgique des franciscains, car il a été toute sa vie très proche de l’idéal de Poverello. Tout d’abord, par sa volonté de paix universelle : il prône l’union des peuples rassemblés sous une autorité spirituelle, capable d’éviter les guerres et les oppositions idéologiques. Il apparaît ainsi comme un précurseur génial d’une organisation mondiale des nations.
Sa deuxième grande utopie est le dialogue religieux et la primauté de la mission dans le respect de la liberté humaine et la confiance dans l’intelligence pour amener les musulmans à la conversion. Pour cela il élabore un programme détaillé qui comporte l’envoi de missionnaires prêts à subir le martyre et l‘étude des langues orientales. Ses propositions seront acceptées au concile de Vienne, en 1311, et les premières chaires d’hébreu, d’arabe et de chaldéens seront créées dans cinq grandes villes de la chrétienté.

Son œuvre principale s’intitule le Grand Art, qui inclut toutes les branches du savoir et tâche de résoudre toutes sortes de questions. Son dernier séjour à Paris (1309-1311) le fera lutter contre le péril averroïste, en affirmant la place de la philosophie dans les études théologiques : « La philosophie est absolument nécessaire pour connaître la théologie, pour vaincre les erreurs, les injustices et les fausses opinions qui vont à l’encontre de la vérité. Grâce à la philosophie, la théologie devient une science » (Arbre de Science). Homme de dialogue, le « docteur illuminé » a constitué toute sa pensée au fil de la conversation avec l’autre, le juif, le musulman, le marchand ou le pèlerin (Livre du gentil et des trois sages).

 

 

BIBLIOGRAPHIE

Raymond Lulle et le pays d’Oc, numéro des Cahiers de Fanjeaux, 22, Toulouse, 1987
Dictionnaire des théologiens et de la théologie chrétienne
Réalisation de l’Institut Catholique de Toulouse – 1998

ŒUVRES DE RAMON LLULL

Parmi plus de trois cents ouvrages

  • Le Livre du Gentil et des trois Sages (trad. éditée en 1992 par les Éditions de l’Éclat)
  • L’Ami et l’Aimé (traduit du catalan par J.Luis Monfort Llabinés, C.Montoliu Garcia et Marcelle Fonfreide,- édition Le Nouveau Commerce, Paris, 1985)
  • Le livre de l’Ami et de l’Aimé (traduit du catalan et préfacé par P. Gifreu, La Différence, Paris, 1989)
  • L’arbre de la Philosophie d’Amour
  • Le Livre des bêtes (traduit du catalan et préfacé par P. Gifreu, La Différence, Paris, 2002)
  • Le Livre de l’ordre de chevalerie (traduit du catalan et préfacé par P. Gifreu, La Différence, Paris,1991)
  • Grand Art (Ars Magna)
  • Félix ou le Livre des merveilles (traduit du catalan et préfacé par P. Gifreu, – éditions du Rocher, Monaco 2000)
  • Le testament du pseudo-Lulle, Grez Doiceau (Belgique), Editions Beya, 2005.
  • Blaquerne (traduit du catalan par P. Gifreu, – éditions du Rocher, Monaco, 2007)
  • Le Livre des mille proverbes (traduit du catalan et préfacé par P. Gifreu, Éditions de la Merci, Perpignan, 2009 editions.lamerci@orange.fr)
QUELQUES EXTRAITS de %22L'Ami et l'Aimé%22, le livre de l'amour divin dans la langue des troubadours

  » Angoisses et pleurs accompagnaient l’Ami, à la recherche de son Aimé, par les allées des sens, et les chemin de l’entendement. La question est de savoir par lesquels l’Ami passa d’abord pour rencontrer son Aimé, et là où l’Aimé se montra le plus clairement à lui. »

 » Devant Amour se tient l’Aimé, en arrière se tient l’Ami. C’est pourquoi l’Ami ne peut trouver l’Amour sans que pensées et désirs ne rencontrent d’abord son Aimé. »

« À l’ombre d’un bel arbre, l’Ami se tenait seul. Des gens vinrent à passer, et ils lui demandèrent pourquoi il était si absorbé, étant seul. Et l’Ami répondit qu’il était seul depuis qu’il les avait vus et entendus, car auparavant il était en compagnie de son Aimé. »

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INSCRIPTIONS AUX FORMATIONS

Cycle d’initiation en théologie – Cycle d’approfondissement Cours de langues bibliques – Conférences