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RETROUVEZ LES HOMÉLIES DU PÈRE JOSEPH MARTY

Messe en la Chapelle Saint-Jean-Paul II au Parc Ducup à Perpignan, le dimanche à 10h30
Dimanche 11 février 2018 - 6e dimanche B – Mc 1, 40-45 + Lévitique 13, 1…46

« Je le veux, sois purifié »

Un lépreux, à genoux, supplie Jésus : « si tu le veux, tu peux me purifier ». Et Jésus pris de pitié lui dit : « je le veux, sois purifié ».

La volonté de Jésus rejoint celle du lépreux qui ose clairement et dans la foi formuler sa demande. Les deux disent leur volonté, leur désir, et Jésus l’accomplit.

Ce n’est pas toujours aussi simple pour nous ! Voulons-nous vraiment ce que nous demandons ? Osons-nous demander ce que nous désirons ? Et que pensons-nous de la volonté de Jésus ou de son Père ? Pourquoi avons-nous peur parfois de dire dans le Notre Père : « que ta volonté soit faite » ? Pourquoi pensons-nous que la volonté de Dieu est une épreuve et une souffrance, alors qu’il veut notre bonheur ?

« Je le veux, sois purifié ». Sa volonté c’est que nous soyons libérés, guéris de nos blessures, de nos impuretés. Jésus veut nous nous rendre la vie, la vraie, celle qui traverse la mort. Il ne guérira pas toujours nos maladies, c’est vrai, mais il purifie et soulage le cœur blessé.

Et son geste et sa parole sont impressionnants de liberté et d’audace envers le lépreux qui est malade dans sa peau. Il empeste, fait peur et est rejeté hors des communautés car on le croit impur et capable de contaminer. La première lecture décrit bien cela. L’exclusion augmente encore sa souffrance car la peau est un lieu de communication. Si elle a mal, c’est la relation qui souffre et le contact peut la soulager et non l’éloignement.

Jésus le sait. Pour guérir et purifier le lépreux qui aurait dû être loin, Jésus le touche. Il touche l’intouchable. C’était interdit car le lépreux est comme un cadavre, porteur de mort et d’impureté qu’il communique. Jésus, le Vivant, touche le lépreux mort vivant qui va recevoir la vie de Jésus. Jésus n’est pas contaminé et le malade est purifié, rétabli dans le circuit des relations sociales et religieuses : « va te montrer aux prêtres ».

Jésus ose toucher la personne car il se fait proche des malades et des pécheurs pour pardonner et soulager. C’est sa volonté.  Et il touche le corps car il est déjà touché par la souffrance. Il est pris de pitié, touché aux entrailles et il le montre en touchant. On ne peut toucher quelqu’un sans être en même temps touché par lui. Le contact est réciproque ! Geste merveilleux de Jésus qui traduit la tendresse du Père envers tous ses enfants blessés, mal dans leur peau.

Et Jésus deviendra lépreux pour guérir l’humanité, hommes et femmes. Sur la croix il est couvert de péchés… mais c’est la lèpre de nos péchés qu’il porte dans ses plaies pour les enlever. « Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde, prends pitié. Si tu le veux tu peux me purifier ». Et Jésus nous dit, aujourd’hui : « je le veux, sois purifié ».

Dimanche 21 janvier 2018 - 3e dimanche ordinaire B – Mc 1, 14-20 + Jonas 3, 1-10

Bonne Nouvelle pour aujourd’hui

Jésus proclame la Bonne Nouvelle de Dieu. Bonne nouvelle se dit en grec eu-angélion qui a donné évangile. Jésus annonce donc l’Évangile, Bonne Nouvelle de Dieu.

On entend plus souvent des mauvaises nouvelles, surtout à propos de Dieu. Dieu vient punir. Dieu complice des guerres, des violences, des religions meurtrières… Mauvaises nouvelles qui engendrent la violence et font rejeter Dieu.

Alors Jésus vient rétablir la vérité, qui fait vivre, alors que le mensonge tue. Plus qu’une Bonne nouvelle, il proclame la Bonne nouvelle, de Dieu : Dieu nous aime et nous appelle à sa vie, son bonheur.

C’est le désir de Dieu déjà annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament, et que Jonas proclame à Ninive (Cf. 1re lecture). C’est la libération du péché qui est le non-amour et nous plonge dans la mort. Aussi c’est un même refrain qui parcourt la Bible jusqu’à Jean-Baptiste et que reprend Jésus : « Convertissez-vous ! »

C’est-à-dire : changez de vie et de route. Ne vivez pas prisonniers de mauvaises et fausses nouvelles, ne courrez plus dans l’ombre de la mort, suivez ma Parole qui offre la joie : « Convertissez-vous ! Venez à ma suite. Derrière moi !… »

Jésus appelle à marcher à sa suite : c’est cela la conversion, le changement de cœur.

L’heure est venue ! « Les temps sont accomplis ». La conversion est urgente comme pour les gens de Ninive et comme le rappelle saint Paul : « le temps est limité ! »

En passant au bord du lac Jésus voit Simon et André, Jacques et Jean et il les appelle. « Aussitôt », laissant tout ils le suivent. « Aussitôt », précise saint Marc qui ne fait pas de reconstitution historique ni d’analyse psychologique. L’essentiel est l’appel de Jésus et il n’y a pas à perdre de temps. C’est l’heure de choisir la vie et le bonheur. Et c’est cela que Marc veut nous faire entendre aujourd’hui.

C’est Jésus qui appelle et a l’initiative. Il va à la rencontre de ces hommes qui sont en plein travail et qui à ce moment ne demandent rien.

Dieu nous aime avant que nous l’aimions. Il nous cherche même si nous ne le cherchons pas. Le Christ est toujours là à nos portes.

Il nous dit : « Le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle. Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Je vous appelle pour que vous aussi vous annonciez aux autres la Bonne nouvelle de Dieu.

« Aussitôt, laissant là leurs filets et leur père ils suivent Jésus. »

À nous aussi d’entendre cet appel au bonheur de la mission.

Dimanche 7 janvier 2018 – Épiphanie - Mt 2, 1-12

L’étoile des Mages a le visage de l’Enfant-Dieu

Des Mages venus d’Orient cherchent, pour l’adorer, le roi des Juifs qui vient de naître. Ce ne sont pas des rois mais des savants astrologues qui scrutent les étoiles. Ils savent, comme tous dans l’Antiquité, que la venue d’un astre signale une naissance importante. Le père de Jean-Baptiste le dit : « grâce à Dieu, l’astre d’en haut nous visite pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort. »

Aussi saint Matthieu parle d’une étoile qui avertit les Mages païens de la naissance de l’Enfant-Dieu comme Messie, et saint Luc le fait dire par des anges aux bergers juifs. La Bonne Nouvelle de la venue du Fils de Dieu en notre chair est pour les Juifs et pour tous les peuples non juifs. Aussi la tradition l’a exprimé en donnant à chaque Mage un visage de couleur différente, blanc, jaune et noir, pour bien montrer que toute l’humanité peut reconnaître l’amour donné par Dieu.

Les Mages ont compris qu’une nouvelle étoile indique que le Dieu du ciel est venu sur terre. Alors pour s’offrir à lui qu’ils ne connaissent pas, ils suivent l’étoile qui illumine leur cœur. Ils sont pèlerins du désir, avec Dieu pour étoile polaire et boussole. L’épiphanie est la manifestation de l’amour de Dieu à l’univers entier, à tous ceux qui laissent la lumière briller aux yeux pour brûler leur cœur et les mettre en mouvement.

A Jérusalem, les prêtres et les scribes qui savent ne suivent pas le signe ! Mais les Mages qui ne savent pas se laissent déplacer !

Ils rencontrent la Parole de Dieu qui a pris chair. Un nouveau-né qui ne parle pas encore. Et sa mère, Marie, qui ne dit rien devant leur prosternation silencieuse ! En Jésus, ils reconnaissent Dieu et le roi du monde, car on ne se prosterne que devant le roi ou Dieu. Le geste de ces étranges païens est une parole de foi qui peut aider notre prière quand les mots nous manquent.

Et osons présenter à Dieu nos trésors cachés comme ceux des coffrets des Mages. L’or de nos amours heureuses ou malheureuses.

L’encens qui brûle nos cœurs et s’élève vers Dieu malgré nos péchés et nos hontes.

La myrrhe, parfum pour les morts et qui accompagne nos maladies, souffrances et épreuves, que le Seigneur veut transfigurer. Oui, nos rires et nos larmes déposons-les dans les bras de l’Enfant-Dieu qu’indique l’étoile. Dans les crèches, comme sur la croix, Jésus a les bras ouverts. Il nous attend ! Là, nos vies se mettent à vivre et à parler parce que le Verbe fait chair les ranime.

Alors, comme les Mages, nous retournerons chez nous… par un autre chemin. Nous y goûterons la joie de vivre et de l’offrir. Car l’étoile de Noël a le visage de l’Enfant-Jésus, Dieu qui nous appelle tous, même païens comme les Mages, à renaître.

 

Noël 2017 – Lc 2, 1-14 + Isaïe 9, 1-6

« Aujourd’hui un Sauveur vous est né »

« Ne craignez pas. Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur. »

Ce message de l’ange est pour nous, nos proches, notre pays, le monde.

Les craintes et les soucis nous attristent. L’espérance qu’apporte la Bonne Nouvelle de Noël ne les supprime pas, mais elle nous encourage pour traverser les peurs et rester debout. La joie promise à tous c’est qu’un Sauveur est né. Aujourd’hui.

Pour vous, pour tous. Pas seulement un sauveteur ou un homme providentiel… Le Sauveur qui donne la vie et détruit la mort pour toujours. Celui qui transforme le cœur de pierre en cœur de chair et offre la paix à ceux qui marchent dans les ténèbres et l’ombre de la mort.

Et ce Sauveur est un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ! Ce signe est important car qui pourrait imaginer qu’un bébé sur la paille soit le Sauveur ?

Il faut toute la puissance de Dieu pour mettre sa force dans la fragilité d’un nourrisson. Et d’un nourrisson livré, sur la nourriture des animaux, à notre faim de vivre et d’aimer. Dieu s’abaisse et se fait tout petit pour se faire connaître et offrir son amour sauveur. Il suffit de regarder nos crèches pour le voir. En Jésus, Dieu est à ras de terre, en cœur et corps humains. En nous. C’est le salut !

Alors tout l’univers exulte ! Du plus haut des cieux aux enfers du monde, tout chante la joie et la paix. L’étable avec l’âne et le bœuf, les étoiles et les anges. Et notre humanité, depuis les bergers, pauvres et exclus, jusqu’aux mages riches et savants.
Et nous tous, enfants et anciens, hommes et femmes appelés par la Parole faite chair, Jésus-Christ, l’Homme-Dieu. Entre Marie et Joseph, Jésus fait se rencontrer le ciel de Dieu et la terre des hommes avec tous les petits devenus nos frères.

Depuis le premier Noël, Dieu vient chez nous. Aujourd’hui, en chacun de nous et en tout lieu du monde, il veut offrir la joie et la paix.

Isaïe l’annonçait. L’Ange de la crèche le confirme : « Je vous annonce une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur. » C’est Jésus, notre frère, le Fils du Dieu vivant, le Prince de la Paix.

Dimanche 16-17 déc. -3e dimanche Avent -B- Jn 1, 6…28 + Isaïe 61, 1 + 1 Thessaloniciens 5, 16

La lumière de Jésus nous réjouit

Jean-Baptiste est pour nous un grand frère, un modèle.
Il n’est pas le Messie, mais il l’annonce.
Il prépare le chemin à Jésus qui est le chemin.
Il n’est pas la lumière mais son témoin, le lampadaire qui porte la lumière qu’est Jésus.

Il est la voix qui annonce la Parole, Jésus, Parole de Dieu faite chair.
Il est notre modèle pour préparer le chemin à la Parole.
Dans le désert et la tristesse de toute vie, il ranime l’espérance au cœur de la nuit car Jésus vient offrir la joie de vivre en éclairant nos ténèbres.
Et c’est cela la source de notre joie. Isaïe le rappelait :
« Le Seigneur m’a envoyé guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer la délivrance et la liberté. » St Paul le redit à sa manière : « Soyez toujours dans la joie… car Dieu accomplira tout cela. » Il l’accomplira pour nous, pour nos proches, pour l’humanité.

Dans la nuit de Noël nous entendrons Isaïe dire : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ». Cette lumière c’est Jésus, Dieu parmi nous qui nous offre sa vie et sa paix.

Et sa lumière vient éclairer tout homme, toute femme, pas seulement les chrétiens ou les membres de l’Église ! Les bergers marginaux et Mages d’Orient, la reine de Saba, Zachée et Matthieu les publicains, la Samaritaine, le larron en croix, Pierre le renégat qui a pleuré… nous-mêmes si souvent et tous ceux de nos familles qui ne pratiquent pas ou plus, enfants ou petits enfants pas baptisés, pas mariés à l’Église, amis indifférents, tout ce monde apparemment loin de l’Église (mais peut-être pas du Dieu vivant !), tous ces proches dont la manière de vivre nous peine ou nous culpabilise : « nous n’avons pas su transmettre la foi ? » A tous, la lumière de Jésus est donnée. Elle vient éclairer tout être humain. Réjouissons-nous !
« Au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas » dit Jean Baptiste.

Il est là, mais vous ne le voyez pas, vous l’ignorez. Il est là et sa présence nous travaille, sa lumière nous éclaire et transfigure nos visages découragés, endeuillés et ceux des nôtres. Il nous faut simplement préparer son chemin en étant des lampadaires, des petits bougeoirs et lui prêter notre voix car seule sa Parole peut parler au cœur de tous.

Réjouissons-nous. La lumière des sapins et des illuminations des villes et de nos crèches avec son étoile, celles de nos Pessebres et de nos maisons nous rappellent la grande et joyeuse lumière de Jésus, qui est au milieu de nous et que nous ne connaissons pas encore ou pas très bien. Réjouissons-nous car même dans les larmes et la nuit, la lumière divine de Jésus nous murmure la joie et la paix.

Dimanche 5 novembre 2017 - 31e dimanche ordinaire A - Mt 23, 1-12

Être élevé par Jésus 

Ces paroles fortes de Jésus doivent nous rendre humbles. Elles révèlent le mensonge qui nous pousse à paraître, à jouer les importants en voulant nous élever. Ça nous détruit et nous blessons les autres.

Dieu seul origine de tout, donne la vie. C’est pour cela que nous l’appelons Créateur et Père. Je crois en Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre… Mais sa puissance d’amour, il la donne en nous servant.

Pour bien faire entendre cela, Jésus a l’art des renversements.

« Qui s’élève sera abaissé. Qui s’abaisse sera élevé. »

« Les premiers seront les derniers. » « Le plus grand sera votre serviteur. » « Le Maître c’est celui qui sert ». Les pauvres de cœur entreront dans le  royaume de Dieu.

Il renverse un certain savoir vivre pour mieux vivre en frères comme lui. Il est dans le monde sans être dans la mondanité.

Alors, « qui s’abaissera sera élevé. »

Elever c’est mettre plus haut, mais c’est aussi éduquer, faire venir à l’âge adulte. Dans l’agriculture, un éleveur prend soin de ses bêtes, de ses vignes ou de son vin.

Les parents font grandir leurs enfants en taille, en intelligence, en humanité. Ils les élèvent pour qu’ils soient bien élevés. Le professeur éduque ses élèves par son enseignement.

Aussi Jésus nous invite à redevenir comme un enfant car s’abaisser n’est pas se mépriser. C’est accepter de recevoir, d’écouter, de se laisser prendre par la main pour être conduit plus loin et plus haut. C’est retrouver la confiance d’un enfant qui s’en remet à son père pour être élevé.

C’est marcher à la suite de Jésus qui se met au service des autres : il s’abaisse à genoux devant ses amis pour leur laver les pieds et ainsi les faire grandir. Et il est mis plus bas que terre, enterré, avant que son Père l’élève en gloire par la résurrection et l’Ascension.

« Qui s’abaisse sera élevé. » Qui accepte humblement d’être conduit par Jésus devient fils de l’unique Père qui aime tous ses enfants et les veut frères.

Alors le Père nous élève en nous faisant traverser les épreuves et la mort. Car s’abaisser avec Jésus, c’est être appelé à ressusciter, c’est recevoir la vraie vie comme un don à partager.

Et cette vie reçue au baptême, nous la nourrissons par la communion, en marchant vers l’autel pour que le Ressuscité nous élève en nous donnant son corps.

Dieu est notre seul maître et Père. Notre Père qui nous élève comme des enfants bien aimés vivant en frères, au service les uns des autres. Et un jour, il nous élévera dans la gloire de la résurrection, auprès de la Vierge Marie l’humble servante du Seigneur élevée au ciel, qui chante dans le Magnificat : « Le Seigneur renverse les puissants de leur trône. Il élève les humbles ».

Dimanche 22 octobre 2017 - 29e dimanche ordinaire A - Mt 22, 15-21

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu

Les Pharisiens veulent prendre Jésus en faute en lui demandant : « Est-il permis à un juif de payer l’impôt à l’empereur romain ? » La question est un piège politique et religieux.

Car Jérusalem est occupée par les Romains qui exigent un impôt. Mais l’empereur est l’équivalent d’un dieu et son portrait, même sur une pièce de monnaie, est une idolâtrie pour un juif qui n’adore que Dieu seul qui n’a pas d’image.

Alors, faut-il payer ou non cet impôt ?

Si Jésus dit oui, c’est qu’il collabore avec l’occupant, ses dieux païens et ses images !

S’il dit non, il fait de la résistance et trouble l’ordre. Et on l’accusera de cela à Pilate : « qui se fait roi s’oppose à César ! »

Alors, Jésus qui connaît la perversité de la question ouvre un chemin de vérité.

« Montrez-moi la monnaie de l’impôt ! » Et ils sortent les pièces de leurs poches ! Le peuple a dû bien rire ! D’autant que Jésus en rajoute en demandant : « de qui est l’image sur les pièces ?  De l’empereur César », disent-ils !

Ils ont donc sur eux l’argent de l’empereur, l’image du faux dieu qui occupe leur ville sainte ! Ils s’en servent : ils ont déjà choisi. Mais Jésus ouvre un chemin vers Dieu. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Jésus instaure une étonnante séparation des pouvoirs religieux et politique qui sont mis toutefois en alliance respectueuse pour le bien de chacun et du peuple. Car, comme Jésus le dira à Pilate : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut. » Mais cette distinction est une importante nouveauté qui donne au christianisme un statut particulier parmi les religions, source de liberté et d’exigence pour la mission de l’Église.

Si la pièce porte l’image de César elle est donc à César ! Car l’image rend un peu présent celui qu’elle représente.

Mais Dieu ? Pour un juif, aucune image n’est permise. Sauf… Sauf que Dieu a créé l’être humain à son image.

C’est pour cela que l’homme et la femme appartiennent à Dieu et que les servir, les respecter, les aimer c’est les rendre à Dieu. C’est aussi la tâche de tous les César, responsables politiques et chefs d’état, grands chefs et petits chefs que nous sommes tous plus ou moins.

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est rendre grâce du don de la vie et de l’amour. Et donc regarder tout homme comme image de Dieu, surtout les défavorisés. Ils sont la pièce d’argent de Dieu, sa richesse vivante. Et l’impôt que nous avons à payer à Dieu est le service de tout homme qui passe bien sûr par le sérieux de l’action politique. Etre missionnaire c’est annoncer la résurrection de Jésus, bien sûr, et de Jésus qui nous rappelle : « ce que vous avez fait à l’un de ces petits, mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Car ils sont à mon image.

 

Dimanche 8 octobre 2017 - 27e dimanche ordinaire A – Mt 21, 33-43

Gérants et non propriétaires

C’est une parabole terrible et dramatique.
Elle parle du peuple de Dieu donc aussi de nous, de notre histoire.
Ici, la vigne confiée en gérance représente le don de Dieu. Vouloir en être propriétaire, quitte à massacrer, est une folie et une horreur !
Garder pour soi tout seul les richesses de la grâce est un vol.
Refuser d’accepter que les fruits du don de Dieu, de la vigne, sont offerts à toute l’humanité, conduit à la violence de la jalousie meurtrière.
Les pharisiens, les scribes, les grands prêtres ont bien senti que Jésus les visait, mais au lieu d’accueillir son appel à ouvrir le cœur, ils rejettent et tuent le fils,  pour s’approprier ce qui était donné en gérance !

Mais cela n’est pas que l’histoire d’Israël !

C’est aussi l’histoire de l’Église, de nos communautés, de chacun de nous et aussi des autres religions car Dieu est unique.
Ce que nous avons reçu de Dieu, nous devons bien le gérer pour en rendre à Dieu les fruits et aussi les partager. Rendre à Dieu les fruits, c’est la louange, la joie d’avoir reçu ce que nous ne méritions pas. Partager les fruits, c’est faire profiter les autres du don reçu gratuitement.

Nous sommes gérants et non propriétaires.

L’amour, le pardon, les responsabilités, la foi… Dieu nous les a confiés à travailler pour les partager et rendre grâces à Dieu. Et bien sûr aussi en nous intelligence, beauté, tendresse, paix, amitié… Tout cela nous est donné pour que tous en bénéficient. Les fruits du don de Dieu sont pour tous !
Dieu les donne pour que la joie de les recevoir, d’en jouir et de les voir grandir pour le plus grand nombre, ouvre notre cœur à l’action de grâces. L’Église est servante de la joie et du bonheur de l’humanité.

Régulièrement, l’Esprit nous réveille pour redevenir gérants, serviteurs.

Les conciles, les synodes, les projets missionnaires comme celui que notre évêque relance cette année, les appels de l’Église venus du concile Vatican II, sont ces moments de grâce où l’Esprit nous invite à vivre en courageux vignerons, en bons et honnêtes intendants.

C’est cela que nous célébrons à la messe où nous recevons le don de Dieu, fruit de la vigne et du travail des hommes, dit le prêtre à l’offertoire. Dieu nous donne sa vigne à travailler pour entrer dans la joie des vendanges réussies et goûter avec d’autres les fruits de ses dons.

Voici le vin, sang du Christ, « sang de l’alliance nouvelle et éternelle versé pour vous et pour la multitude » !

La joie de la mission, c’est lever le verre du vin nouveau, la coupe de l’alliance que Dieu offre pour réjouir le cœur de l’homme, dit le Psaume 104e, de tous les hommes.

Dimanche 24 sept 2017 – 25e dimanche ordinaire A - Mt 20, 1-16 et Is 55, 6-9

Dieu appelle à toute heure !  

Jésus nous donne une parabole et non des règles de justice sociale. Il ne parle pas du juste salaire mais de l’appel et du don de Dieu.

Car Dieu nous cherche. Les premiers mots qu’il adresse à Adam c’est : « où es-tu ? » Et il appelle tous les hommes, même ceux qui n’attendent rien ou n’espèrent plus et souvent à une heure imprévue et tardive. Dieu nous déconcerte et il l’affirme par le prophète Isaïe dans la première lecture : « Mes pensées ne sont pas vos pensées. »

Pourquoi Dieu préfère-t-il les offrandes d’Abel à celles de Caïn ? Pourquoi Jacob qui se fait passer pour son aîné Ésaü est-il quand même choisi ? Pourquoi David, le dernier né de Jessé, est-il élu pour être roi ? Pourquoi Joseph et Salomon et pas leurs frères ? Isaïe le dit encore : « Dieu est riche en pardon » et saint Paul dira aux Corinthiens : « Ce qu’il y a de plus fou dans le monde Dieu l’a choisi pour confondre les sages. » Pourquoi ?

Parce que personne ne peut faire valoir des titres ou des mérites, pour justifier le don de Dieu. Dieu ne nous aime pas parce que nous sommes bons… mais nous sommes bons, rendus bons, parce que Dieu nous aime.

Son don est premier et son pardon nous rend justes. L’amour qu’il donne est identique pour tous. Il donne à tous la même somme d’argent, c’est-à-dire le même amour.

L’amour n’est pas un salaire qui dépend de notre travail ou de notre ancienneté. Que Dieu donne à tous pareil réveille notre jalousie car nous pensons que l’amour se mérite. Non ! Il est gratuit, grâce.

La jalousie de Caïn ou du frère de l’enfant prodigue interroge notre propre jalousie pour la convertir, l’apaiser et la transfigurer en joie. Car ce que Dieu donne à l’un est donné à tous qu’ils soient premiers ou derniers. Le jaloux s’imagine que ce qui est donné à un autre lui est enlevé, volé ! Mais le même amour est donné à tous, différemment. « Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et les injustes » dit Jésus (Mt 5, 45). Et Jésus aime autant Matthieu le publicain collaborateur que Pierre qui le reniera et en pleurera.

Dieu n’est pas juste à notre manière. Son amour est injustifiable. Il est miséricorde. Sa justice n’est pas justicière mais elle nous rend juste, ajusté à son amour qui se donne, même à l’heure de la mort comme pour le larron.

Cela doit nous réjouir pour tous ceux que nous croyons loin de Dieu et pour nous-mêmes à certains jours.

Dieu nous cherche sans cesse, il appelle à toute heure et donne à tous le même amour, le même pour les premiers et les derniers. C’est une joyeuse nouvelle.

Dimanche 10 septembre 2017 - 23e dim. ordinaire A - Mt 18, 15-20 et Ézéchiel 33, 7-9

« Quand deux ou trois sont réunis en mon je suis là au milieu d’eux »

La première lecture nous a dit que Dieu fait du prophète Ézéchiel un guetteur. Le prophète, celui qui parle au nom de Dieu est une sentinelle ! Car Dieu nous parle par les autres, rarement en direct ! L’autre, le frère, est ainsi chargé de veiller sur notre fidélité, de nous alerter à l’approche de l’ennemi qui est ici le menteur, l’adversaire, Satan. C’est aussi le rôle de l’évêque, l’épiscope qui en grec signifie le gardien, veilleur de la foi et de la charité. Il ne peut être un lâche qui se tait par peur. Il est un guetteur qui doit, par amour, nous écarter du malheur, de la perte.

Aussi Jésus dit : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul et montre-lui sa faute. » Il est plus facile d’en parler à d’autres en son absence que d’aller le trouver seul à seul. C’est le terrible commérage ! Jésus ne demande pas d’épier avec soupçon ou hypocrisie mais de vivre la charité entre croyants réunis pour l’écouter présent par sa Parole. Même si le groupe est réduit à deux ou trois, comme en famille ou entre amis. La Parole de Jésus qui nous rend frères nous conduit en voyant un frère qui s’égare, à lui parler. Lui parler pour lui « montrer sa faute » que, tout seul il ne voit pas. Parler à un frère, c’est l’aimer, le rencontrer, l’écouter et dialoguer seul à seul, ou à deux, ou avec la communauté pour qu’il retrouve l’écoute de la Parole de Dieu.

Le Seigneur faisait d’Ézéchiel, un guetteur, Jésus demande à l’Église d’être aussi guetteur. Il s’agit de relier les membres de la communauté que la faiblesse pourrait détourner de la présence du Ressuscité.

Personne n’est à l’abri d’une défaillance. Chacun de nous, un jour ou l’autre peut y tomber et nous savons que les prêtres n’y échappent pas ! Mais il faut entendre le mot gagner que prononce Jésus. « Tu auras gagné ton frère ! » Gagner est le contraire de perdre : « tu auras retrouvé ton frère perdu. » Le père de l’enfant prodigue s’écrie « il était perdu ; il est retrouvé ». Et Jésus précise « Je suis venu sauver ce qui était perdu ». Et perdre un proche signifie aussi qu’il est mort ! Gagner un frère c’est le rendre vivant !

Jésus fait de son Église une fraternité, mais il ne rêve pas ! Il savait qu’on y vivrait les mêmes misères qu’il a rencontrées, trahison, reniement, peur, lâcheté… L’Église est une communauté de pécheurs, sans cesse pardonnés mais toujours fragiles. Toujours à pardonner et à se faire pardonner comme au début de chaque messe et avant de communier.

C’est pourquoi, en dernier ressort, il faut considérer le frère égaré comme un païen et un publicain, c’est-à-dire comme ceux que Jésus préfère car ils se laissent toucher par son pardon. Et Jésus qui vit dans la communauté lui confie son pardon.

Écoutons Jésus : « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Cela doit nous réjouir ! Présence délicate de Jésus qui nous accompagne jour et nuit : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Dimanche 25 juin 2017 - 12e dimanche A – Mt 10, 26-33

« Ne craignez pas ! »

À trois reprises Jésus demande à ses amis de ne pas avoir peur !

« Ne craignez pas les hommes

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps.

Soyez sans crainte. »

Jésus insiste car il envoie ses disciples en mission et il sait qu’annoncer sa Bonne nouvelle, proclamer la liberté, la justice et la vérité, poser des actes d’amour n’est jamais facile. Et surtout, malheureusement, cela peut provoquer des rejets, de la haine, de la persécution.

La première lecture l’a évoqué pour le prophète Jérémie pourchassé et condamné. Pierre et Paul que nous fêterons jeudi, comme les apôtres et tant d’autres ont été martyrisés. Et aujourd’hui encore de nombreux chrétiens, spécialement en Orient, sont violemment persécutés.

La parole de Jésus « Ne craignez pas » est toujours d’actualité. Le pape Jean-Paul II l’a rendue célèbre avec les mots de Jésus « N’ayez pas peur ! »

Ce qui libère de la peur c’est la certitude que Dieu est amour et que son amour ne fait jamais défaut, qu’il est semence de vie et fait traverser les épreuves et la mort. Il offre la résurrection, mais il ne nous empêche pas de souffrir et de mourir. Et c’est souvent cela qui vient ébranler notre foi. Nous aimerions tellement que Dieu supprime les maladies, les accidents, la mort !

La violence et le mal sont dans la nature et la vie animale. Aussi Dieu nous demande de dominer la nature et les animaux pour maîtriser les forces de destruction. Mais l’être humain peut devenir une bête féroce pour ses semblables, parfois plus cruel qu’un animal.

Jésus le sait, alors il insiste : Ne craignez pas. N’ayez pas peur. Même dans la mort le Père du ciel ne vous abandonne pas. Il s’agit alors de rester fidèle à l’amour que Dieu a pour nous, pour chaque être humain, et que nous devons offrir à notre tour. Ne jamais répondre à la violence par la violence, surtout pas pour annoncer l’Evangile ou la morale à laquelle nous tenons. Jésus laisse toujours libre : « Si tu veux, suis-moi… Si tu veux… »

Avec Jésus, ne pas craindre et rester libre et sans haine, c’est croire à la résurrection. Et donc s’engager dans des paroles et des actes qui font grandir l’amour, la justice, la fraternité, la paix. C’est votre idéal et votre projet amis de la Confrérie des Anysetiers. D’autres le font aussi dans différentes associations humanitaires. Vous, à la suite de saint Serge et depuis saint Louis vous le faites au nom de votre foi en la résurection qui vous donne de ne pas craindre les forces du mal que vous combattez avec l’amour. Parce que Dieu nous aime et aime toute l’humanité, n’ayons pas peur, Jésus nous dit avec humour que nous valons bien plus que tous les moineaux. Même nos cheveux sont tous comptés !

Dimanche 18 juin 2017 - Sacrement du Corps et du Sang du Christ - Jn 6, 51-58

Le Verbe fait chair est pain de vie

Jésus nous dit avec insistance que pour vivre d’une vie qui traverse la mort il faut manger sa chair et boire son sang.

Dans la Bible, la chair c’est la personne vivante. Certes, la chair est capable de péché mais elle l’est aussi de joie et d’amour. Devant Ève, Adam s’écrie : « celle-ci est l’os de mes os et la chair de ma chair ». Et Dieu annonce par Ézéchiel : « j’enleverai votre cœur de pierre et vous donnerai un cœur de chair », un cœur vivant parce qu’il aime.

Jésus accomplit cette annonce en nous donnant sa chair en nourriture. C’est une allusion évidente au pain de l’eucharistie mais saint Jean n’utilise pas le mot Corps, comme Matthieu, Marc ou Luc qui font dire à Jésus à la Cène : « prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous. »

En saint Jean qui ne raconte pas la Cène, Jésus dit : « qui mange ma chair a la vie éternelle ».

C’est un petit clin d’œil comme les aime saint Jean qui commence son Évangile en affirmant : « le Verbe s’est fait chair ». Merveilleuse proclamation de l’Incarnation. Le Verbe, Parole de Dieu, s’est fait chair, et il nous faut le manger pour vivre. Sa chair est source de vie humaine et divine.

Le chrétien se nourrit donc de l’Incarnation, de Dieu qui a épousé l’humanité pour la diviniser car Dieu aime notre chair, notre vie, notre histoire avec ses joies et ses drames au point de les sauver.

Car c’est le Verbe, la Parole de Dieu qui s’est fait chair pour rendre la chair parlante, aimante, humaine et en marche vers la divinité. Si la chair n’est pas vibrante de parole d’amour et d’intelligence, elle n’est que de la viande animale livrée à la bestialité et à l’abattoir.

L’incarnation du Verbe nous rappelle que le don de Dieu transfigure toute chair, de la conception au dernier souffle, pour la rendre humaine et l’appeler à la résurrection. « Je crois à la résurrection de la chair » proclamons-nous dans le Credo.

Le Pain que nous donne Jésus c’est sa chair divine habitée de sa divine Parole. C’est l’eucharistie où nous nous alimentons aux deux tables inséparables : la table de la Parole – l’ambon – et la table du Pain – l’autel –  qui dressent tous deux pour nous le mystère de la croix.

La Parole devient charnelle et le Pain, chair parlante, tous deux offerts en nourriture pour guérir nos cœurs et nos corps blessés et ceux de nos frères.

Nous devenons ce que nous mangeons : le Corps du Christ, mort et ressuscité par amour, Parole de Dieu faite chair.

Dimanche 4 juin 2017 - Pentecôte - Actes 2, 1-11 et Jn 20, 19-23

L’Esprit Saint, Souffle de la paix de Dieu  

Quand la peur nous tenaille, nous nous enfermons pour nous protéger. Et à trop nous calfeutrer nous risquons de nous étouffer !

C’est ce que font les apôtres après la mort de Jésus. Ils « ont verrouillé les portes de leur maison car ils avaient peur ». Et c’est le soir, l’heure où la nuit fait broyer du noir et venir le cafard ! Alors Jésus Ressuscité vient, il souffle sur eux et leur donne la paix. C’est le soir de Pâques.

Il donne son souffle de vie et il leur dit que c’est l’Esprit Saint. Sa respiration de vivant apaise et rassure. Comme Adam recevant le souffle de la bouche du créateur, les apôtres naissent à une vie nouvelle qui les sauve de l’angoisse et de la culpabilité.

Ils sont pardonnés et Jésus leur donne aussi de pouvoir pardonner. Car le souffle de Dieu, qui est l’Esprit Saint, pardonne. Il donne de vivre en paix avec soi-même, avec les autres, avec Dieu. C’est naître à la joie.

C’est la merveille qui réjouit la foule venue à Jérusalem pour la Pentecôte juive que décrit st Luc dans les Actes des Apôtres. Mais là, c’est un souffle violent, une bourrasque bruyante qui dépasse les murs de la maison et surprend la foule de toute langue.

Ce grand vent est un feu qui devient des langues car le Souffle de Dieu est une Parole de vie et d’amour qui veut se faire entendre dans toutes les langues. Toute l’humanité est concernée et non plus seulement le peuple juif qui à Pentecôte fêtait le don par Dieu à Moïse des Dix Commandements,  des Dix Paroles.

Le Souffle brûlant d’amour divin est désormais offert à tout le monde. Il est à la fois :

– Souffle paisible de proximité affectueuse et de pardon dans le geste de Jésus réconfortant ses amis.

– Et aussi, souffle dynamique qui les fait parler avec flamme pour que toutes les langues entendent la Parole de vie et de paix.
Le Souffle de Pentecôte, l’Esprit Saint, donne à toutes les langues parlées de pouvoir entendre le don de la paix de Dieu et de pouvoir s’entendre pour bâtir la paix. C’est ce que vous faites, Scouts et Guides de France par votre engagement, votre promesse et vos actions. C’est la mission.

Et l’Esprit souffle où il veut, et bien sûr hors de l’Église ! Car il est libre l’Esprit de Dieu !

Ce souffle fait du bien : il arrache à la peur, fortifie le cœur et ouvre l’avenir. Pour chacun de nous et pour tous les groupes, toutes les familles, cultures et langues. Il renouvelle la face de la terre. Comme le demande le vieux poème du Veni Sancte Spiritus (Viens Esprit Saint) lu avant l’Évangile :

« Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.  Donne la joie éternelle. »

Dimanche 7 mai 2017 - 4e dim. de Pâques (A) – Jn 10, 1-10

Joseph Marty 

Jésus est la porte de la vie

« Je suis la porte » nous dit Jésus. C’est simple et dense !

Une porte est un lieu d’accueil et d’au revoir où se font les interminables conversations et les grandes confidences. Elle est un lieu de parole car elle est surtout un visage et un nom, ceux de la personne qui vous ouvre les bras pour entrer et accompagne votre départ d’un dernier baiser.

Bien sûr, il y a des portes de prisons ou des portes d’où l’on est jetés…

Mais la porte est une protection et un lieu de passage, elle peut s’ouvrir et se fermer, un lieu où le cœur se change face à celui qui nous invite à parler et qui nous écoute.

Aussi Jésus nous dit qu’il est la porte de la bergerie, et non un mur.

Il accueille et fait passer dans sa vie, la vie qu’il reçoit de son Père et qu’il offre à tous ceux qui passent par ce seuil. Il est la porte du Père et donc la porte de la vie et de la joie. On rencontre Dieu en passant par lui comme nous le disons en concluant nos prières : « par lui, avec lui et en lui… »

Et ce passage nous sauve. On peut aller et venir en toute liberté ! Et c’est cela la Pâque. Pâque veut dire passage, passage vers la liberté et la vie en Dieu. Jésus est la porte qui ouvre tout notre être pour que la vie nous traverse.

Passer par lui, c’est naître, vivre, pour de vrai. Et donc être aimé et aimer.

C’est être délié de ce qui nous perd et nous emprisonne. Nous sommes sauvés car cette porte est un lieu de parole, même silencieuse.

Jésus nous appelle chacun par notre nom.

Etre appelé, être nommé par une bouche aimante, c’est entrer dans une vivante relation qui arrache à l’enfer de la solitude et de l’absurde.

C’est d’abord cela la vocation : être appelé et accepter d’entendre l’appel.

Abraham, Marie, Pierre, Paul, Zachée, Marie Madeleine, ont entendu leur nom. Et nous aussi… Nos parents depuis notre naissance et l’Église à notre baptême nous adressent notre prénom qui nous désigne comme unique et avec lequel nous signons !

Alors nous pouvons appeler d’autres, leur faire découvrir qu’ils sont aussi appelés… et nous serons missionnaires.

Religieuses, religieux, diacres, prêtres ont répondu à une forme d’appel. Mais chacun doit entendre sa vocation, son appel, qui vient de Jésus, par la parole d’un frère.

Cet appel nous accompagne et nous tient à chaque heure de la vie, même dans les larmes et à l’heure de la mort, pour aller dans le cœur du Père en rencontrant nos frères.

C’est être appelé à recevoir la vie et à la donner. C’est faire la Pâque, le passage vers la vie de Dieu et la joie de vivre en frères.

Dimanche des Rameaux et de la Passion -A- Mt 26, 14-16

Joseph MARTY – Dimanche 9 avril 2017

La croix, signature d’amour divin

Le rideau se déchire, la terre tremble, les tombeaux s’ouvrent. Tout s’ouvre au don du souffle de Jésus. Ce bouleversement est une naissance. Pâque Nouvelle pour un chemin de vie.

Au baptême et à la Transfiguration de Jésus, le ciel s’était déchiré pour laisser entendre la voix du Père : « Celui-ci est mon Fils, écoutez-le. » Écoutons-le !

Au Golgotha, la terre se déchire avec le corps de Jésus qui livre son amour.

Jésus pousse un grand cri. Il hurle tous les hurlements du monde et de l’histoire pour les donner à son Père, sans haine, et les transfigurer en paix.

Sur la croix s’affichent tous les malheurs, les violences et les agonies qui nous défigurent et détruisent nos frères.

Mais dans l’abandon à son Père, Jésus fait de la croix le porte-voix de la Parole de Dieu, glaive tranchant qui ouvre tous les enfers. Car Jésus ouvre son cœur, ses mains et ses bras pour que tout notre être et le monde s’ouvrent à Dieu et vivent.

Par ses plaies, Jésus donne sa vie dans le pardon.

La croix est sa lettre d’amour écrite avec son sang, sa signature, son engagement pour la vie.

C’est sa Passion d’amour pour chacun de nous et pour la multitude.

Alors, l’arbre mort est traversé d’une sève nouvelle dont ces rameaux verts d’espérance sont le signe.

Accrochés sur les croix dans nos maisons ils nous rappellent le don de la vie de Dieu.

Don du Souffle vivant du Ressuscité.

Dimanche 26 mars 2017 - 4e dimanche de Carême - A - Jn 9, 1-41

Père Joseph Marty

Croire est une lumière

Jésus, en passant, voit, l’aveugle qui ne demande rien. Mais Jésus précise aux apôtres que la maladie ou l’infirmité ne sont pas une punition ! Il nous faut bien l’entendre. Dieu ne punit pas. Jésus sauve.

Il sauve les aveugles que nous sommes en révélant notre nuit et en offrant la lumière de sa Parole. Avec sa salive il fait de la boue qu’il met sur les yeux de l’aveugle. De sa bouche qui parle, il tire, le suc, la sève qui font la glaise nouvelle comme celle dont est tiré le premier Adam. Dans les mains de Jésus, la boue qui pourrait obscurcir la vue devient matière de création nouvelle. Elle fait la lumière et guérit celui qui croit.

Car l’aveugle croit. Il croit en la parole de Jésus et va se laver. C’est en revenant qu’il voit et proclame sa foi qui était silencieuse. Il voit en Jésus le Messie, l’Envoyé du Père et il se prosterne alors que les Pharisiens, aveuglés par leur désir de condamner Jésus, s’enferment dans les ténèbres du refus de croire.

Voir, ici, c’est croire. Voir avec l’intime du cœur qui fait confiance.

Voir la Parole vivante, qui éclaire tout homme qui se laisse toucher et illuminer. Voir Jésus, Parole de Dieu, c’est entendre son appel à vivre. C’est la foi, lumière intérieure pour nos pas hésitants. C’est l’expérience de l’aveugle guéri :

« Crois-tu au Fils de l’homme ?

Qui est-il pour que je croie en lui ?      

Tu le vois, c’est lui qui te parle.

Alors il dit : je crois Seigneur. Et il se prosterna. »

Cette guérison est un signe et le grand débat qu’elle suscite annonce le procès de Jésus qui va plonger dans la nuit de la Passion et de la mort pour faire jaillir la lumière de Pâques.

Jésus nous voit dans notre misère. Il vient vers nous et nous propose la guérison de sa lumière. « Lumière née de la lumière » comme nous le disons dans le Je crois en Dieu, Jésus nous envoie à la source de Siloé, l’Envoyé, pour nous laver et renaître par le baptême et les autres sacrements. Ils nous font revivre pour aider nos frères en souffrance et dans la nuit.

St Paul dans la seconde lecture nous y encourage : « Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera. »

Dimanche 16 mars 2017 - 2e dimanche de Carême - A – Mt 17, 1-9

Père Joseph Marty

« RELEVEZ-VOUS, N’AYEZ PAS PEUR ! »

Jésus marche vers Jérusalem et il vient d’annoncer qu’il va souffrir, mourir et ressusciter. Pierre ne l’accepte pas et Jésus le réprimande. Six jours plus tard, sur une haute montagne et à l’écart, devant Pierre, Jacques et Jean, Jésus est transfiguré. Son visage devint brillant comme le soleil. Les rois d‘Égypte ou de Versailles ont rêvé d’être des soleils ! Jésus, « Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière », manifeste l’éclat de sa divinité à ses intimes, avant de se livrer à eux dans la sueur de sang à son agonie.
Mystère de la splendeur divine qui se voile dans la chair humaine de Jésus et qui se dévoile, un instant, en Jésus transfiguré, éclatant de la lumière de Dieu.
Et Jésus est entouré de Moïse et Élie, deux grandes figures de l’Ancien Testament qui sont allés à la rencontre de Dieu, sur une haute montagne, après une marche de quarante jours (une sorte de Carême !) et qui maintenant rencontrent Dieu en Jésus. Accomplissement des Écritures et de l’Alliance. Quarante jours, pour travailler à laisser le Dieu vivant transfigurer notre vie.
Car les épreuves et les échecs nous les connaissons et comme Pierre nous voudrions les éviter. Nous voudrions que la résurrection nous épargne les souffrances et la mort. Jésus nous apprend à les traverser portés par la Parole du Père : « Celui-ci est mon Fils Bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le ». Oui, écoutons Jésus.
Écoutons-le quand il nous invite à ouvrir notre cœur au don de la vie et du pardon.
Écoutons-le quand il nous dit que la souffrance et la mort qui nous défigurent sont un passage vers la transfiguration de la résurrection.
Écoutons-le quand il annonce que tout geste d’amour et de partage est semence de vie, quand il nous apprend à contempler la face de Dieu invisible dans le visage du frère.
Une nuée lumineuse couvre les apôtres de son ombre et la voix du Père les remplit d’une grande frayeur et les jette à terre. Mystérieusement, lumière et ombre se rejoignent comme si la vie ne se laissait pas engloutir par les ténèbres mortelles. Alors Jésus remet les apôtres debout, les redresse dans l’espérance : il les touche et leur dit : « relevez-vous et n’ayez pas peur ! »
Il est possible que nous ayons des moments de grâce où la transfiguration nous émerveille. Réjouissons-nous. À d’autres moments c’est la peur ou le désespoir qui nous terrassent. Laissons la voix du Père nous demander d’écouter Jésus qui nous dit : « relevez-vous et n’ayez pas peur ! » Car le Père nous murmure comme à Jésus : « tu es mon enfant bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour. » Cette Parole est le soleil de Dieu qui transfigure nos nuits.

Dimanche 26 février 2017 - 8e dimanche ordinaire A – Mt 6, 24-34 (+ Is 49, 14-15)

P. Joseph Marty

Dieu est notre Père, pas l’argent

  Le « Père du ciel sait ce dont nous avons besoin » assure Jésus. C’est réconfortant face aux difficultés qui nous assaillent ! C’est parce que le Père nous aime que Jésus nous recommande : « Ne vous faites pas tant de soucis ». Il ne fait pas l’éloge de l’insouciance ni de la négligence ! Il nous ramène à l’essentiel en ne laissant pas l’argent devenir un maître inhumain, une idole meurtrière.

L’argent doit permettre des relations et des échanges humains. Le négliger ou le mépriser n’est pas la pauvreté à laquelle Jésus appelle. L’argent est nécessaire pour nous aider à bien vivre, à faire grandir les autres, à nous élever au-dessus des animaux ou des plantes. Pas à nous rabaisser à leur niveau !

Car nous sommes plus que des oiseaux ou des lis, dit Jésus. Comme eux, nous avons des besoins à assurer pour maintenir la vie : respiration, nourriture, protection. Et de plus, nous sommes habités de parole et de désir. Alors, l’amour, la culture, l’ouverture à la joie et au spirituel nous sont aussi nécessaires que l’eau et le pain.

Et pourtant ils sont nombreux les êtres humains qui en sont privés et sont moins considérés que des animaux. Le carême va nous rappeler le sens et l’importance du partage fraternel.

Aussi Jésus insiste sur le risque que fait courir l’argent s’il devient une idole qui nous dévore et nous rend semblables aux idoles, ces monstres nous dit le Psaume 115 « qui ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas » car elles n’ont pas de cœur. L’argent-idole enfante des idoles, des êtres réduits à l’animalité et même à la bestialité au lieu d’être à l’image de Dieu qui aime, parle et fait vivre.

Alors ne pas se faire tant de soucis, c’est redécouvrir que Dieu est notre Père. « Même si une mère pouvait oublier et ne pas chérir le fils de ses entrailles, moi, dit Dieu, je ne t’oublierai jamais » proclamait Isaïe dans la première lecture.

Et Jésus nous rappelle que « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Avec le pain vital il faut le pain de la parole qui réjouit et nourrit tout l’être. Et toute parole vraie vient d’abord de la bouche de Dieu qui parle pour aimer et donner la vie jusque dans les épreuves et la mort.

Nos besoins vitaux doivent être respectés, mais nous valons bien plus que les animaux et les plantes. Le désir qui creuse le cœur transfigure nos besoins pour faire éclore une vie aimante victorieuse du mal et de la mort. Car notre désir vient du désir de Dieu qui nous enfante à sa propre vie. Cela nous repose de tous les soucis et nous fait dire avec le psaume : « Je n’ai de repos qu’en Dieu seul », le Père qui ne nous oubliera jamais.

Dimanche 12 février 2017 - 6e dimanche A – Mt 5, 17-37

Joseph Marty

L’esprit de la Loi

Voilà des propos de Jésus qui par leur exigence peuvent nous surprendre et nous décourager ! Mais Jésus définit un esprit plus que des conseils à prendre à la lettre car il sait que la lettre tue ou en tout cas peut nous rendre tous borgnes ou manchots, comme le dit avec humour un bibliste.

L’esprit fait vivre et Jésus invite à donner à la Loi toute sa dimension d’appel à bien vivre en frères.

Jésus n’est pas venu abolir la Loi mais l’accomplir, la perfectionner pour qu’elle soit réellement le guide d’un amour semblable au sien, un amour vibrant d’attention et de délicatesse. Il vient réaliser ce que Dieu annonçait par le prophète Jérémie : « Je mettrai ma loi au fond de leur être et je l’écrirai sur leur cœur » (Jér 31, 33).

       Il ne s’agit pas seulement d’éviter le meurtre, l’adultère ou le conflit mais de renoncer à tout ce qui peut y conduire.

Par exemple, quand nous nous souvenons qu’un frère a quelque chose contre nous (pas si nous, nous avons quelque chose contre un autre !) Jésus nous propose d’aller d’abord nous réconcilier avant de porter notre offrande. Car le frère qui nous a blessé est souvent dans l’impossibilité, par peur ou par honte, de venir nous demander pardon. C’est alors à nous, la victime, de faire le premier pas pour engager la réconciliation. Notre démarche envers le frère agresseur va le libérer et nous conduire tous les deux à accueillir la paix.

De même quand Jésus veut que notre oui soit un oui et que le non soit un non, il nous invite à être vrais et clairs dans notre langage, sans sous-entendu ni mensonge ni faux semblant. Pas de ‘oui mais’ ni de ‘non peut-être’ !

       Autant d’appels à ne pas jouer avec la Loi pour être en règle avec la lettre tout en en détournant l’esprit. C’est fuir la perversion pour entrer en conversion. La perversion tord le langage, les mots, les gestes, le regard, l’écoute. Elle tord l’esprit qui devient mauvais. C’est faire du mauvais esprit. La conversion retourne le cœur pour que notre être devienne un être humain, un être qui parle en vérité et dont les attitudes sont humaines et rendent humains.

Jésus vit ainsi à la perfection, divinement, jusqu’à donner sa vie par amour. Il accomplit les Écritures et toute la Loi et peut mourir sur la croix en disant « tout est accompli ». C’est le salut offert par Jésus qui recrée en nous l’image de Dieu en nous rendant fils du Père, frère de Jésus et de tous les hommes.

INSCRIPTIONS AUX FORMATIONS

Cycle d’initiation en théologie – Cycle d’approfondissement Cours de langues bibliques – Conférences