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RETROUVEZ LES HOMÉLIES DU PÈRE JOSEPH MARTY

Messe en la Chapelle Saint-Jean-Paul II au Parc Ducup à Perpignan, le dimanche à 10h30
Dimanche 3 juin 2018 – Saint Sacrement, Fête Dieu - B- Actes 1, 1-11 et Mc 16, 15-20

La Pâque de Jésus est la Fête-Dieu

Jésus avec calme prépare son dernier repas pour la grande fête de Pâques. Il sait qu’il va y affronter sa mort qu’il offre pour la multitude.
Curieusement, le récit de l’Évangile ne décrit pas le cérémonial du repas pascal. Aucune allusion à l’agneau qui aurait dû y être mangé, aux herbes amères, au pain azyme ! Jésus rompt le pain et le verbe utilisé pour ce geste est le mot technique de l’eucharistie chrétienne appelée au début fraction du pain.
Ce n’est pas un reportage sur le dernier repas de Jésus mais déjà la prière eucharistique utilisée dans l’Église par les tout premiers chrétiens. L’Évangile n’a retenu que les gestes et les mots qui ont transformé ce dernier repas pascal de Jésus en célébration de la nouvelle Pâque, notre messe.
Car Jésus annonce sa Pâque qui scelle la nouvelle Alliance.
Et il en fait une prophétie en action de ce qui lui arrivera le lendemain.
Son corps sera brisé comme ce pain entre ses doigts.
Son sang sera versé comme ce vin dans la coupe.
Chair et sang seront séparés, non par accident, mais comme dans un sacrifice. Sacrifice offert pour la multitude.
Jésus dit : « Ceci est mon corps ».Le corps pour les Juifs est la personne tout entière. Donc : « ceci c’est moi qui me donne. »
La phrase de Jésus « Le sang de l’alliance »a déjà été prononcée par Moïse, au pied du Sinaï, pour le sacrifice de l’alliance entre Dieu et son peuple. C’est la première lecture de ce jour. Cette cérémonie de l’alliance d’il y a plus de mille an avant notre ère est devenue le modèle des assemblées juives et chrétiennes, le modèle de la messe.
– Elle commence par la liturgie de la Parole. Moïse lit au peuple « les paroles et les commandements du Seigneur ». Tous écoutent et approuvent.
– Puis vient la liturgie du sacrifice. Les victimes sont immolées et Moïse scelle l’Alliance entre Dieu et le peuple par le sang. Il répand la moitié du sang sur l’autel qui représente Dieu, et, de l’autre moitié il asperge le peuple en disant : « Ceci est le sang de l’alliance que le Seigneur a conclue avec vous ».Le même sang, symbole de vie et de réconciliation, signifie qu’il y a communion entre Dieu et son peuple. Les prophètes diront que ce sont les noces de Dieu avec son peuple.
Depuis ce jeudi de printemps où Jésus, la veille de sa mort a instauré une nouvelle Pâque, l’Alliance nouvelle et éternelle, nous communions au don de sa vie qui sauve le monde. Avec l’Eucharistie Jésus nous donne son corps en nourriture pour vivre de sa vie. C’est une joie et une fête. La Fête-Dieu comme disaient nos aînés !

Dimanche 03 juin 2018 – Saint Sacrement, Fête Dieu - B- Actes 1, 1-11 et Mc 16, 15-20

 

La Pâque de Jésus est la Fête-Dieu

Jésus avec calme prépare son dernier repas pour la grande fête de Pâques. Il sait qu’il va y affronter sa mort qu’il offre pour la multitude.

Curieusement, le récit de l’Évangile ne décrit pas le cérémonial du repas pascal. Aucune allusion à l’agneau qui aurait dû y être mangé, aux herbes amères, au pain azyme ! Jésus rompt le pain et le verbe utilisé pour ce geste est le mot technique de l’eucharistie chrétienne appelée au début fraction du pain.

Ce n’est pas un reportage sur le dernier repas de Jésus mais déjà la prière eucharistique utilisée dans l’Église par les tout premiers chrétiens. L’Évangile n’a retenu que les gestes et les mots qui ont transformé ce dernier repas pascal de Jésus en célébration de la nouvelle Pâque, notre messe.

Car Jésus annonce sa Pâque qui scelle la nouvelle Alliance.

Et il en fait une prophétie en action de ce qui lui arrivera le lendemain.

Son corps sera brisé comme ce pain entre ses doigts.

Son sang sera versé comme ce vin dans la coupe.

Chair et sang seront séparés, non par accident, mais comme dans un sacrifice. Sacrifice offert pour la multitude.

Jésus dit : « Ceci est mon corps ».Le corps pour les Juifs est la personne tout entière. Donc : « ceci c’est moi qui me donne. »

La phrase de Jésus « Le sang de l’alliance »a déjà été prononcée par Moïse, au pied du Sinaï, pour le sacrifice de l’alliance entre Dieu et son peuple. C’est la première lecture de ce jour. Cette cérémonie de l’alliance d’il y a plus de mille an avant notre ère est devenue le modèle des assemblées juives et chrétiennes, le modèle de la messe.

– Elle commence par la liturgie de la Parole. Moïse lit au peuple « les paroles et les commandements du Seigneur ». Tous écoutent et approuvent.

– Puis vient la liturgie du sacrifice. Les victimes sont immolées et Moïse scelle l’Alliance entre Dieu et le peuple par le sang. Il répand la moitié du sang sur l’autel qui représente Dieu, et, de l’autre moitié il asperge le peuple en disant : « Ceci est le sang de l’alliance que le Seigneur a conclue avec vous ».Le même sang, symbole de vie et de réconciliation, signifie qu’il y a communion entre Dieu et son peuple. Les prophètes diront que ce sont les noces de Dieu avec son peuple.

Depuis ce jeudi de printemps où Jésus, la veille de sa mort a instauré une nouvelle Pâque, l’Alliance nouvelle et éternelle, nous communions au don de sa vie qui sauve le monde. Avec l’Eucharistie Jésus nous donne son corps en nourriture pour vivre de sa vie. C’est une joie et une fête. La Fête-Dieu comme disaient nos aînés !

Dimanche 06 mai 2018 - 6e dimanche de Pâques – B- Jn 15, 9-17

« Aimez-vous… comme je vous ai aimés »

C’est le testament spirituel de Jésus. Il donne à ses apôtres un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».C’est beaucoup plus que simplement « aimez-vous » ! Car aimer c’est très vague ! On aime le chocolat ou son chat, faire la sieste ou tel parfum… Et ce n’est pas la même chose qu’aimer ses proches ou Dieu !

Adorer devient un mot galant ou mondain… Alors, Jésus nous met à l’heure de Dieu. Aimez-vous les uns, les autres, comme je vous ai aimés.Les uns, les autres ! Pas les uns, les uns… Pas seulement les semblables, ceux qui pensent et vivent comme nous… Les pas pareils, les différents. C’est l’expérience que vit Pierre, puis Paul, en découvrant que l’Esprit saint ouvre le cœur des païens à la foi au Ressuscité. Et au cas où nous ne comprendrions pas, Jésus précisera même d’aimer les ennemis. Il ne nous demande pas d’avoir de l’affection ou de la tendresse pour les ennemis, mais de les aimer comme lui Jésus les aime, comme Dieu les aime. « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».

C’est-à-dire de les vouloir vivants et en paix, de leur donner la joie de vivre. Celui qui est habité de haine, de violence, de jalousie ou de peur est prisonnier de la mort. Alors, Dieu l’aime en lui donnant de vivre à nouveau s’il se laisse toucher par l’amour vivant.

Aussi Jésus nous demande d’aimer comme lui nous a aimés ! C’est-à-dire jusqu’à la Passion. Pas la passion de l’égoïsme ou de l’amour fou qui n’aiment que soi. La Passion de la croix, passion d’un amour offert jusqu’au bout, sans révolte devant l’injustice. Amour livré pour nous et pour la multitude.

Cet amour est le même dont le Père aime Jésus. Jésus nous le dit : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ».Il s’agit donc de l’amour divin qu’échangent le Père et le Fils et que le Fils offre à ses amis. Cet amour vital, donné, reçu, rendu, est l’Esprit Saint. Et cet amour est beaucoup plus que de la gentillesse, de la politesse ou de la tendresse. Il est un don qui fait vivre, qui nous sauve, si nous acceptons de l’accueillir. Et il met notre cœur en joie, la joie de Jésus pour que nous soyons comblés de joie !

C’est la nouveauté de la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Jésus qui se déploie dans l’amour que nous sommes appelés à vivre et que nous offrons aux uns et aux autres… comme Jésus nous a aimés.

Dimanche 29 avril 2018 - 5ePâques B – Jn 15, 1-8 + Ire Lettre de Jn 3, 18-24

 

 

Demeurer en Dieu, le Père vigneron

Jésus nous dit que Dieu, le Père, est vigneron et nous savons qu’un vigneron aime sa vigne avec passion, parfois même au détriment de sa famille et de sa propre vie ! Il se lève tôt pour la soigner, l’admirer ; il s’inquiète du temps et dépense de l’argent pour qu’elle donne du fruit. Ainsi Dieu, le Père.

Jésus est le cep et nous les sarments. Entre les deux il y a la sève qui passe, c’est-à-dire la vie, la force de sa Parole d’amour. Et même quand les sarments semblent secs, la sève est là. Il suffit de rester rattachés au cep qui transmet la vie et l’amour.

Le sarment, qu’il soit dressé vers le haut ou vers le bas, qu’il soit grand ou petit, est libre dans sa forme et sa place. La sève le traverse. De même la vie de Dieu nous irrigue.

Ainsi, Dieu, le Père, est vigneron. Jésus le cep. Nous les sarments… Ces images familières qui nous parlent, nous aident à mieux vivre la foi et notre relation à Dieu.

En effet, le fruit de la vigne est pressé, écrasé, et parfois la croix a été décrite et dessinée comme un cep ou un pressoir d’amour dont le jus de la grappe évoque le sang du Christ versé pour la multitude. Et Jésus précise que pour bien vivre de la vie de Dieu nous devons demeurer sur le cep qu’est Jésus.

Le verbe demeurerrevient comme un refrain dans l’Évangile de saint Jean. Il invite au repos et au réconfort. Il s’agit de demeurer chez le vigneron, auprès de sa vigne et de sa cave appelée souvent château. Sainte Thérèse d’Avila a développé ces images dans son livre Le Château intérieur composé de diverses Demeures. La demeure est mieux qu’une maison et elle évoque une atmosphère de bonheur, de convivialité festive et paisible.

La vie de foi c’est partager l’intimité divine, et demeurer chez le Père, vigneron, c’est demeurer en Dieu. Cela nous renouvelle, nous fait porter du fruit pour donner aux autres le goût et la saveur de Dieu. Il nous suffit de demeurer. Jésus nous dit : « qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. »

Beaucoup certainement demeurent en Dieu, comme le sarment sur le cep, sans peut-être le savoir. A eux comme à nous saint Jean rappelle dans la lecture de ce jour que « notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur. » Son pardon nous nettoie, nous émonde du mal, de la culpabilité, de la peur. Il nous donne la paix.

Dieu est vigneron. Il est prêt à tout pour sa vigne, ses sarments, ses grappes. Demeurons dans son amour qui fait porter de beaux fruits à nos sarments rétifs et rebelles.

Samedi 31 mars et dimanche 1er avril 2018 – Pâques - B – Mc 16, 1-8

 

« N’ayez pas peur ! »

Le matin de Pâques, les femmes qui se rendent au tombeau de Jésus sont saisies de peur. Un jeune homme vêtu de blanc leur dit : « N’ayez pas peur. Jésus est ressuscité. Il n’est pas ici. »Mais elles s’enfuient toutes tremblantes de peur. L’évangéliste Marc insiste sur la peur des femmes et indirectement sur celle des apôtres enfermés chez eux et à qui les femmes doivent annoncer que Jésus est ressuscité.

La joie de Pâques que l’on voudrait tellement ressentir est d’abord précédée de la peur. Un tombeau ouvert et sans le corps, deux jours après l’enterrement, cela fait peur ! Comment admettre l’impensable ? Il nous faut accueillir cette peur pour bien entendre : « N’ayez pas peur. Vous cherchez Jésus ? Il est ressuscité. Il n’est pas ici. »

Comme ces femmes, nous courons aussi vers des tombeaux, des impasses : soucis de santé, épreuves familiales ou professionnelles, drames du monde. Horizons bouchés. « Qui nous roulera la pierre »qui ferme l’avenir ?

Nous cherchons Jésus, nous voudrions mieux croire, nous questionnons les livres et les religions… Nous cherchons Dieu, un sens à la vie, à l’amour. « Qui nous roulera la pierre »qui nous enferme ?

Aujourd’hui, l’ange messager de Dieu nous dit : « N’ayez pas peur. Celui que vous cherchez n’est pas ici. »Il a déjà enlevé la pierre, toutes les pierres tombales !

Devant tout ce qui nous accable, entendons le message de Pâques : le Vivant n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Regardez le lieu où votre peur s’est engouffrée, où vos larmes se sont versées. Regardez les causes de vos angoisses. Mais celui que vous cherchez n’est pas ici. Allez le dire aux autres, il vous précède en Galilée. C’est-à-dire, il vous attend là où vous ne pensiez pas le trouver, hors des tombeaux, en terre païenne. Allez-y avec les autres !

Quittez les lieux de mort et vos tenues de deuil. Le Ressuscité nous appelle au cœur du monde, avec nos frères. Là il transforme nos peurs en gestes de paix. C’est là que nous trouverons celui que nous cherchons, celui que notre cœur aime peut-être sans le savoir. La pierre du tombeau est enlevée. L’avenir est ouvert. Le Crucifié est ressuscité. N’ayons pas peur.

Dimanche 11 mars 2018 - 4e dimanche de Carême – B – Jn 3, 14-21 + Ephésiens 2, 4-10

 

Jésus crucifié est le Vivant qui nous sauve

Dans notre marche vers Pâques il est bon d’entendre Jésus affirmer. « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais que par lui le monde soit sauvé. » Sauver c’est arracher à la mort. Être sauvé c’est retrouver la joie de vivre. Et nous le souhaitons sans même y penser en disant aux amis : Salut ! En catalan la salut c’est la santé mais aussi le sauvetage, la rédemption…  Il y a des Vierges de la Salut ou de la Salvetat invoquées pour la santé de l’âme et du corps comme disaient les anciens. Avec Jésus le salut est la guérison de tout l’être. C’est être arraché aux griffes de toute mort, retrouver la source de la vraie vie. Saint Paul le dit dans la seconde lecture : « Nous qui étions des morts, Dieu nous a fait revivre avec le Christ. C’est par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui il nous a ressuscités ».

L’image du serpent de bronze nous aide à le comprendre. Souvenez-vous ! Quand des serpents dans le désert tuent les Hébreux, Moïse, sur l’ordre de Dieu, dresse une image de serpent qu’il élève. En la regardant, en osant voir ce qui cause la mort, ils étaient guéris, sauvés.

Ces serpents évoquaient le serpent de la Genèse qui, entortillé sur l’arbre de vie, déformait la Parole de Dieu pour tuer la confiance en Dieu, source de vie.

Avec Jésus, à la suite de Moïse, le serpent menteur criminel est retourné, détourné. Sur la croix, Jésus élevé et exalté se fait serpent pour guérir. Il prend sur lui nos morts et nos poisons, haine, jalousie, violence, mensonge… pour être plus que guérisseur, sauveur ! Déjà les anciens avaient pressenti que certains poisons peuvent soigner. Le caducée des médecins et pharmaciens le rappelle : ces serpents enroulés autour d’un bâton. Jésus en croix transfigure ce symbole. En donnant sa vie, par amour, Jésus, chargé de nos morts et de nos malheurs nous demande non plus seulement de le regarder, comme le serpent de bronze, mais de le croire.

Sur la croix il est tenté ! « Si tu es Fils de Dieu, sauve toi, toi-même et nous croirons en toi ! » Jésus ne se sauve pas. On ne se sauve pas soi-même. En français se sauver c’est s’enfuir ! On est sauvé. Le Père, source de toute vie, nous sauve par Jésus, son Fils. Exposé et élevé sur la croix, son étrange trône de gloire, il nous sauve comme le nouveau serpent, de chair humaine et divine, qui proclame et projette comme un phare la vraie lumière, la vérité : Dieu donne la vie et la redonne dans le pardon qui nous réanime.

Voir Jésus en croix nous fait accueillir la lumière de la vérité sur nous et sur le monde : croire que Jésus nous sauve, nous redonne la vie de Dieu que nous puisons dans l’eucharistie.

Jésus crucifié est plus qu’un nouveau caducée. Il est le Vivant qui nous sauve en nous donnant la vie. Ne le perdons pas de vue.

Notre bonheur et celui de nos frères en dépend.

Dimanche 25 février 2018 - 2e Car-B – Transfiguration - Mc 9, 2-10

Écouter Jésus transfiguré

Ce sont ces intimes, Pierre, Jacques et Jean, que Jésus conduit sur une haute montagne, à l’écart, pour être transfiguré devant eux. Et il est entouré de Moïse et Élie, les deux grands piliers de l’Ancien Testament qui sont allés à la rencontre de Dieu sur une montagne. Leur marche a duré 40 jours, un carême qui transforme le cœur pour entendre Dieu qui veut transfigurer notre vie.

Comme Moïse et Élie, les apôtres rencontrent Dieu. Mais pas dans les éclairs et le tonnerre, dans le visage de Jésus rayonnant du feu de l’amour divin. C’est une surprise… Le Dieu des Patriarches change de visage. Finie la terreur du Buisson ardent et du Sinaï ! Jésus laisse sa divinité apparaître sur son corps. Le voile qui la cachait se déchire, il est vraiment Dieu avec nous ! Stupeur et frayeur sont compréhensibles.

Aussi une nuée couvre les apôtres, comme autrefois elle couvrait le peuple marchant dans le désert avec Moïse. Et une voix proclame: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Ecoutez-le. »

Comme au baptême de Jésus le Père confirme sa paternité, et il demande d’écouter son Fils. L’écouter car il ne suffit pas d’être émerveillé ou effrayé par un visage humain illuminé de la puissance divine. L’écoute de la Parole nous rend prudents devant la fascination du voir. L’œil doit rejoindre l’oreille. Que l’œil écoute chante Claudel ! Ainsi l’émerveillement de la transfiguration – qui annonce la résurrection – s’achève par l’appel à écouter la Parole de Jésus, Verbe de Dieu, Fils de Dieu.

Et cette voix : Ecoutez-le ! résonne avec la même force que celle qui énonce la grande prière du peuple de l’Alliance : Écoute Israël, Shema Israël, Le Seigneur ton Dieu est l’unique, tu l’aimeras de tout ton cœur…

Écoutez-le car il vous demande aussi d’aimer Dieu et votre prochain comme vous-même !

Écouter Jésus quand il nous invite à laisser notre cœur s’ouvrir au don de la vie et du partage.

L’écouter quand il nous révèle que la souffrance et la mort qui défigurent sont un passage vers la transfiguration de la résurrection.

Les apôtres ne le comprendront qu’après la résurrection. Les mêmes apôtres Pierre, Jacques et Jean seront près de Jésus quand il agonisera à Gethsémani mais ils dormiront quand dans son angoisse il appellera son Père : Abba !

Alors, même quand la fatigue, le découragement ou le sommeil nous terrassent, laissons Jésus nous transfigurer. Il nous accompagne sur le chemin où la voix du Père, source de toute vie, nous murmure, comme à Jésus… à tout moment et à l’heure de la mort :

Tu es mon enfant bien-aimé, je te donne la vie, je te transfigure, je te ressuscite.

Dimanche 11 février 2018 - 6e dimanche B – Mc 1, 40-45 + Lévitique 13, 1…46

« Je le veux, sois purifié »

Un lépreux, à genoux, supplie Jésus : « si tu le veux, tu peux me purifier ». Et Jésus pris de pitié lui dit : « je le veux, sois purifié ».

La volonté de Jésus rejoint celle du lépreux qui ose clairement et dans la foi formuler sa demande. Les deux disent leur volonté, leur désir, et Jésus l’accomplit.

Ce n’est pas toujours aussi simple pour nous ! Voulons-nous vraiment ce que nous demandons ? Osons-nous demander ce que nous désirons ? Et que pensons-nous de la volonté de Jésus ou de son Père ? Pourquoi avons-nous peur parfois de dire dans le Notre Père : « que ta volonté soit faite » ? Pourquoi pensons-nous que la volonté de Dieu est une épreuve et une souffrance, alors qu’il veut notre bonheur ?

« Je le veux, sois purifié ». Sa volonté c’est que nous soyons libérés, guéris de nos blessures, de nos impuretés. Jésus veut nous nous rendre la vie, la vraie, celle qui traverse la mort. Il ne guérira pas toujours nos maladies, c’est vrai, mais il purifie et soulage le cœur blessé.

Et son geste et sa parole sont impressionnants de liberté et d’audace envers le lépreux qui est malade dans sa peau. Il empeste, fait peur et est rejeté hors des communautés car on le croit impur et capable de contaminer. La première lecture décrit bien cela. L’exclusion augmente encore sa souffrance car la peau est un lieu de communication. Si elle a mal, c’est la relation qui souffre et le contact peut la soulager et non l’éloignement.

Jésus le sait. Pour guérir et purifier le lépreux qui aurait dû être loin, Jésus le touche. Il touche l’intouchable. C’était interdit car le lépreux est comme un cadavre, porteur de mort et d’impureté qu’il communique. Jésus, le Vivant, touche le lépreux mort vivant qui va recevoir la vie de Jésus. Jésus n’est pas contaminé et le malade est purifié, rétabli dans le circuit des relations sociales et religieuses : « va te montrer aux prêtres ».

Jésus ose toucher la personne car il se fait proche des malades et des pécheurs pour pardonner et soulager. C’est sa volonté.  Et il touche le corps car il est déjà touché par la souffrance. Il est pris de pitié, touché aux entrailles et il le montre en touchant. On ne peut toucher quelqu’un sans être en même temps touché par lui. Le contact est réciproque ! Geste merveilleux de Jésus qui traduit la tendresse du Père envers tous ses enfants blessés, mal dans leur peau.

Et Jésus deviendra lépreux pour guérir l’humanité, hommes et femmes. Sur la croix il est couvert de péchés… mais c’est la lèpre de nos péchés qu’il porte dans ses plaies pour les enlever. « Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde, prends pitié. Si tu le veux tu peux me purifier ». Et Jésus nous dit, aujourd’hui : « je le veux, sois purifié ».

Dimanche 21 janvier 2018 - 3e dimanche ordinaire B – Mc 1, 14-20 + Jonas 3, 1-10

Bonne Nouvelle pour aujourd’hui

Jésus proclame la Bonne Nouvelle de Dieu. Bonne nouvelle se dit en grec eu-angélion qui a donné évangile. Jésus annonce donc l’Évangile, Bonne Nouvelle de Dieu.

On entend plus souvent des mauvaises nouvelles, surtout à propos de Dieu. Dieu vient punir. Dieu complice des guerres, des violences, des religions meurtrières… Mauvaises nouvelles qui engendrent la violence et font rejeter Dieu.

Alors Jésus vient rétablir la vérité, qui fait vivre, alors que le mensonge tue. Plus qu’une Bonne nouvelle, il proclame la Bonne nouvelle, de Dieu : Dieu nous aime et nous appelle à sa vie, son bonheur.

C’est le désir de Dieu déjà annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament, et que Jonas proclame à Ninive (Cf. 1re lecture). C’est la libération du péché qui est le non-amour et nous plonge dans la mort. Aussi c’est un même refrain qui parcourt la Bible jusqu’à Jean-Baptiste et que reprend Jésus : « Convertissez-vous ! »

C’est-à-dire : changez de vie et de route. Ne vivez pas prisonniers de mauvaises et fausses nouvelles, ne courrez plus dans l’ombre de la mort, suivez ma Parole qui offre la joie : « Convertissez-vous ! Venez à ma suite. Derrière moi !… »

Jésus appelle à marcher à sa suite : c’est cela la conversion, le changement de cœur.

L’heure est venue ! « Les temps sont accomplis ». La conversion est urgente comme pour les gens de Ninive et comme le rappelle saint Paul : « le temps est limité ! »

En passant au bord du lac Jésus voit Simon et André, Jacques et Jean et il les appelle. « Aussitôt », laissant tout ils le suivent. « Aussitôt », précise saint Marc qui ne fait pas de reconstitution historique ni d’analyse psychologique. L’essentiel est l’appel de Jésus et il n’y a pas à perdre de temps. C’est l’heure de choisir la vie et le bonheur. Et c’est cela que Marc veut nous faire entendre aujourd’hui.

C’est Jésus qui appelle et a l’initiative. Il va à la rencontre de ces hommes qui sont en plein travail et qui à ce moment ne demandent rien.

Dieu nous aime avant que nous l’aimions. Il nous cherche même si nous ne le cherchons pas. Le Christ est toujours là à nos portes.

Il nous dit : « Le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle. Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Je vous appelle pour que vous aussi vous annonciez aux autres la Bonne nouvelle de Dieu.

« Aussitôt, laissant là leurs filets et leur père ils suivent Jésus. »

À nous aussi d’entendre cet appel au bonheur de la mission.

Dimanche 7 janvier 2018 – Épiphanie - Mt 2, 1-12

L’étoile des Mages a le visage de l’Enfant-Dieu

Des Mages venus d’Orient cherchent, pour l’adorer, le roi des Juifs qui vient de naître. Ce ne sont pas des rois mais des savants astrologues qui scrutent les étoiles. Ils savent, comme tous dans l’Antiquité, que la venue d’un astre signale une naissance importante. Le père de Jean-Baptiste le dit : « grâce à Dieu, l’astre d’en haut nous visite pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort. »

Aussi saint Matthieu parle d’une étoile qui avertit les Mages païens de la naissance de l’Enfant-Dieu comme Messie, et saint Luc le fait dire par des anges aux bergers juifs. La Bonne Nouvelle de la venue du Fils de Dieu en notre chair est pour les Juifs et pour tous les peuples non juifs. Aussi la tradition l’a exprimé en donnant à chaque Mage un visage de couleur différente, blanc, jaune et noir, pour bien montrer que toute l’humanité peut reconnaître l’amour donné par Dieu.

Les Mages ont compris qu’une nouvelle étoile indique que le Dieu du ciel est venu sur terre. Alors pour s’offrir à lui qu’ils ne connaissent pas, ils suivent l’étoile qui illumine leur cœur. Ils sont pèlerins du désir, avec Dieu pour étoile polaire et boussole. L’épiphanie est la manifestation de l’amour de Dieu à l’univers entier, à tous ceux qui laissent la lumière briller aux yeux pour brûler leur cœur et les mettre en mouvement.

A Jérusalem, les prêtres et les scribes qui savent ne suivent pas le signe ! Mais les Mages qui ne savent pas se laissent déplacer !

Ils rencontrent la Parole de Dieu qui a pris chair. Un nouveau-né qui ne parle pas encore. Et sa mère, Marie, qui ne dit rien devant leur prosternation silencieuse ! En Jésus, ils reconnaissent Dieu et le roi du monde, car on ne se prosterne que devant le roi ou Dieu. Le geste de ces étranges païens est une parole de foi qui peut aider notre prière quand les mots nous manquent.

Et osons présenter à Dieu nos trésors cachés comme ceux des coffrets des Mages. L’or de nos amours heureuses ou malheureuses.

L’encens qui brûle nos cœurs et s’élève vers Dieu malgré nos péchés et nos hontes.

La myrrhe, parfum pour les morts et qui accompagne nos maladies, souffrances et épreuves, que le Seigneur veut transfigurer. Oui, nos rires et nos larmes déposons-les dans les bras de l’Enfant-Dieu qu’indique l’étoile. Dans les crèches, comme sur la croix, Jésus a les bras ouverts. Il nous attend ! Là, nos vies se mettent à vivre et à parler parce que le Verbe fait chair les ranime.

Alors, comme les Mages, nous retournerons chez nous… par un autre chemin. Nous y goûterons la joie de vivre et de l’offrir. Car l’étoile de Noël a le visage de l’Enfant-Jésus, Dieu qui nous appelle tous, même païens comme les Mages, à renaître.

 

Noël 2017 – Lc 2, 1-14 + Isaïe 9, 1-6

« Aujourd’hui un Sauveur vous est né »

« Ne craignez pas. Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur. »

Ce message de l’ange est pour nous, nos proches, notre pays, le monde.

Les craintes et les soucis nous attristent. L’espérance qu’apporte la Bonne Nouvelle de Noël ne les supprime pas, mais elle nous encourage pour traverser les peurs et rester debout. La joie promise à tous c’est qu’un Sauveur est né. Aujourd’hui.

Pour vous, pour tous. Pas seulement un sauveteur ou un homme providentiel… Le Sauveur qui donne la vie et détruit la mort pour toujours. Celui qui transforme le cœur de pierre en cœur de chair et offre la paix à ceux qui marchent dans les ténèbres et l’ombre de la mort.

Et ce Sauveur est un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ! Ce signe est important car qui pourrait imaginer qu’un bébé sur la paille soit le Sauveur ?

Il faut toute la puissance de Dieu pour mettre sa force dans la fragilité d’un nourrisson. Et d’un nourrisson livré, sur la nourriture des animaux, à notre faim de vivre et d’aimer. Dieu s’abaisse et se fait tout petit pour se faire connaître et offrir son amour sauveur. Il suffit de regarder nos crèches pour le voir. En Jésus, Dieu est à ras de terre, en cœur et corps humains. En nous. C’est le salut !

Alors tout l’univers exulte ! Du plus haut des cieux aux enfers du monde, tout chante la joie et la paix. L’étable avec l’âne et le bœuf, les étoiles et les anges. Et notre humanité, depuis les bergers, pauvres et exclus, jusqu’aux mages riches et savants.
Et nous tous, enfants et anciens, hommes et femmes appelés par la Parole faite chair, Jésus-Christ, l’Homme-Dieu. Entre Marie et Joseph, Jésus fait se rencontrer le ciel de Dieu et la terre des hommes avec tous les petits devenus nos frères.

Depuis le premier Noël, Dieu vient chez nous. Aujourd’hui, en chacun de nous et en tout lieu du monde, il veut offrir la joie et la paix.

Isaïe l’annonçait. L’Ange de la crèche le confirme : « Je vous annonce une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur. » C’est Jésus, notre frère, le Fils du Dieu vivant, le Prince de la Paix.

Dimanche 16-17 déc. -3e dimanche Avent -B- Jn 1, 6…28 + Isaïe 61, 1 + 1 Thessaloniciens 5, 16

La lumière de Jésus nous réjouit

Jean-Baptiste est pour nous un grand frère, un modèle.
Il n’est pas le Messie, mais il l’annonce.
Il prépare le chemin à Jésus qui est le chemin.
Il n’est pas la lumière mais son témoin, le lampadaire qui porte la lumière qu’est Jésus.

Il est la voix qui annonce la Parole, Jésus, Parole de Dieu faite chair.
Il est notre modèle pour préparer le chemin à la Parole.
Dans le désert et la tristesse de toute vie, il ranime l’espérance au cœur de la nuit car Jésus vient offrir la joie de vivre en éclairant nos ténèbres.
Et c’est cela la source de notre joie. Isaïe le rappelait :
« Le Seigneur m’a envoyé guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer la délivrance et la liberté. » St Paul le redit à sa manière : « Soyez toujours dans la joie… car Dieu accomplira tout cela. » Il l’accomplira pour nous, pour nos proches, pour l’humanité.

Dans la nuit de Noël nous entendrons Isaïe dire : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ». Cette lumière c’est Jésus, Dieu parmi nous qui nous offre sa vie et sa paix.

Et sa lumière vient éclairer tout homme, toute femme, pas seulement les chrétiens ou les membres de l’Église ! Les bergers marginaux et Mages d’Orient, la reine de Saba, Zachée et Matthieu les publicains, la Samaritaine, le larron en croix, Pierre le renégat qui a pleuré… nous-mêmes si souvent et tous ceux de nos familles qui ne pratiquent pas ou plus, enfants ou petits enfants pas baptisés, pas mariés à l’Église, amis indifférents, tout ce monde apparemment loin de l’Église (mais peut-être pas du Dieu vivant !), tous ces proches dont la manière de vivre nous peine ou nous culpabilise : « nous n’avons pas su transmettre la foi ? » A tous, la lumière de Jésus est donnée. Elle vient éclairer tout être humain. Réjouissons-nous !
« Au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas » dit Jean Baptiste.

Il est là, mais vous ne le voyez pas, vous l’ignorez. Il est là et sa présence nous travaille, sa lumière nous éclaire et transfigure nos visages découragés, endeuillés et ceux des nôtres. Il nous faut simplement préparer son chemin en étant des lampadaires, des petits bougeoirs et lui prêter notre voix car seule sa Parole peut parler au cœur de tous.

Réjouissons-nous. La lumière des sapins et des illuminations des villes et de nos crèches avec son étoile, celles de nos Pessebres et de nos maisons nous rappellent la grande et joyeuse lumière de Jésus, qui est au milieu de nous et que nous ne connaissons pas encore ou pas très bien. Réjouissons-nous car même dans les larmes et la nuit, la lumière divine de Jésus nous murmure la joie et la paix.

Dimanche 5 novembre 2017 - 31e dimanche ordinaire A - Mt 23, 1-12

Être élevé par Jésus 

Ces paroles fortes de Jésus doivent nous rendre humbles. Elles révèlent le mensonge qui nous pousse à paraître, à jouer les importants en voulant nous élever. Ça nous détruit et nous blessons les autres.

Dieu seul origine de tout, donne la vie. C’est pour cela que nous l’appelons Créateur et Père. Je crois en Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre… Mais sa puissance d’amour, il la donne en nous servant.

Pour bien faire entendre cela, Jésus a l’art des renversements.

« Qui s’élève sera abaissé. Qui s’abaisse sera élevé. »

« Les premiers seront les derniers. » « Le plus grand sera votre serviteur. » « Le Maître c’est celui qui sert ». Les pauvres de cœur entreront dans le  royaume de Dieu.

Il renverse un certain savoir vivre pour mieux vivre en frères comme lui. Il est dans le monde sans être dans la mondanité.

Alors, « qui s’abaissera sera élevé. »

Elever c’est mettre plus haut, mais c’est aussi éduquer, faire venir à l’âge adulte. Dans l’agriculture, un éleveur prend soin de ses bêtes, de ses vignes ou de son vin.

Les parents font grandir leurs enfants en taille, en intelligence, en humanité. Ils les élèvent pour qu’ils soient bien élevés. Le professeur éduque ses élèves par son enseignement.

Aussi Jésus nous invite à redevenir comme un enfant car s’abaisser n’est pas se mépriser. C’est accepter de recevoir, d’écouter, de se laisser prendre par la main pour être conduit plus loin et plus haut. C’est retrouver la confiance d’un enfant qui s’en remet à son père pour être élevé.

C’est marcher à la suite de Jésus qui se met au service des autres : il s’abaisse à genoux devant ses amis pour leur laver les pieds et ainsi les faire grandir. Et il est mis plus bas que terre, enterré, avant que son Père l’élève en gloire par la résurrection et l’Ascension.

« Qui s’abaisse sera élevé. » Qui accepte humblement d’être conduit par Jésus devient fils de l’unique Père qui aime tous ses enfants et les veut frères.

Alors le Père nous élève en nous faisant traverser les épreuves et la mort. Car s’abaisser avec Jésus, c’est être appelé à ressusciter, c’est recevoir la vraie vie comme un don à partager.

Et cette vie reçue au baptême, nous la nourrissons par la communion, en marchant vers l’autel pour que le Ressuscité nous élève en nous donnant son corps.

Dieu est notre seul maître et Père. Notre Père qui nous élève comme des enfants bien aimés vivant en frères, au service les uns des autres. Et un jour, il nous élévera dans la gloire de la résurrection, auprès de la Vierge Marie l’humble servante du Seigneur élevée au ciel, qui chante dans le Magnificat : « Le Seigneur renverse les puissants de leur trône. Il élève les humbles ».

Dimanche 22 octobre 2017 - 29e dimanche ordinaire A - Mt 22, 15-21

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu

Les Pharisiens veulent prendre Jésus en faute en lui demandant : « Est-il permis à un juif de payer l’impôt à l’empereur romain ? » La question est un piège politique et religieux.

Car Jérusalem est occupée par les Romains qui exigent un impôt. Mais l’empereur est l’équivalent d’un dieu et son portrait, même sur une pièce de monnaie, est une idolâtrie pour un juif qui n’adore que Dieu seul qui n’a pas d’image.

Alors, faut-il payer ou non cet impôt ?

Si Jésus dit oui, c’est qu’il collabore avec l’occupant, ses dieux païens et ses images !

S’il dit non, il fait de la résistance et trouble l’ordre. Et on l’accusera de cela à Pilate : « qui se fait roi s’oppose à César ! »

Alors, Jésus qui connaît la perversité de la question ouvre un chemin de vérité.

« Montrez-moi la monnaie de l’impôt ! » Et ils sortent les pièces de leurs poches ! Le peuple a dû bien rire ! D’autant que Jésus en rajoute en demandant : « de qui est l’image sur les pièces ?  De l’empereur César », disent-ils !

Ils ont donc sur eux l’argent de l’empereur, l’image du faux dieu qui occupe leur ville sainte ! Ils s’en servent : ils ont déjà choisi. Mais Jésus ouvre un chemin vers Dieu. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Jésus instaure une étonnante séparation des pouvoirs religieux et politique qui sont mis toutefois en alliance respectueuse pour le bien de chacun et du peuple. Car, comme Jésus le dira à Pilate : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut. » Mais cette distinction est une importante nouveauté qui donne au christianisme un statut particulier parmi les religions, source de liberté et d’exigence pour la mission de l’Église.

Si la pièce porte l’image de César elle est donc à César ! Car l’image rend un peu présent celui qu’elle représente.

Mais Dieu ? Pour un juif, aucune image n’est permise. Sauf… Sauf que Dieu a créé l’être humain à son image.

C’est pour cela que l’homme et la femme appartiennent à Dieu et que les servir, les respecter, les aimer c’est les rendre à Dieu. C’est aussi la tâche de tous les César, responsables politiques et chefs d’état, grands chefs et petits chefs que nous sommes tous plus ou moins.

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est rendre grâce du don de la vie et de l’amour. Et donc regarder tout homme comme image de Dieu, surtout les défavorisés. Ils sont la pièce d’argent de Dieu, sa richesse vivante. Et l’impôt que nous avons à payer à Dieu est le service de tout homme qui passe bien sûr par le sérieux de l’action politique. Etre missionnaire c’est annoncer la résurrection de Jésus, bien sûr, et de Jésus qui nous rappelle : « ce que vous avez fait à l’un de ces petits, mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Car ils sont à mon image.

 

Dimanche 8 octobre 2017 - 27e dimanche ordinaire A – Mt 21, 33-43

Gérants et non propriétaires

C’est une parabole terrible et dramatique.
Elle parle du peuple de Dieu donc aussi de nous, de notre histoire.
Ici, la vigne confiée en gérance représente le don de Dieu. Vouloir en être propriétaire, quitte à massacrer, est une folie et une horreur !
Garder pour soi tout seul les richesses de la grâce est un vol.
Refuser d’accepter que les fruits du don de Dieu, de la vigne, sont offerts à toute l’humanité, conduit à la violence de la jalousie meurtrière.
Les pharisiens, les scribes, les grands prêtres ont bien senti que Jésus les visait, mais au lieu d’accueillir son appel à ouvrir le cœur, ils rejettent et tuent le fils,  pour s’approprier ce qui était donné en gérance !

Mais cela n’est pas que l’histoire d’Israël !

C’est aussi l’histoire de l’Église, de nos communautés, de chacun de nous et aussi des autres religions car Dieu est unique.
Ce que nous avons reçu de Dieu, nous devons bien le gérer pour en rendre à Dieu les fruits et aussi les partager. Rendre à Dieu les fruits, c’est la louange, la joie d’avoir reçu ce que nous ne méritions pas. Partager les fruits, c’est faire profiter les autres du don reçu gratuitement.

Nous sommes gérants et non propriétaires.

L’amour, le pardon, les responsabilités, la foi… Dieu nous les a confiés à travailler pour les partager et rendre grâces à Dieu. Et bien sûr aussi en nous intelligence, beauté, tendresse, paix, amitié… Tout cela nous est donné pour que tous en bénéficient. Les fruits du don de Dieu sont pour tous !
Dieu les donne pour que la joie de les recevoir, d’en jouir et de les voir grandir pour le plus grand nombre, ouvre notre cœur à l’action de grâces. L’Église est servante de la joie et du bonheur de l’humanité.

Régulièrement, l’Esprit nous réveille pour redevenir gérants, serviteurs.

Les conciles, les synodes, les projets missionnaires comme celui que notre évêque relance cette année, les appels de l’Église venus du concile Vatican II, sont ces moments de grâce où l’Esprit nous invite à vivre en courageux vignerons, en bons et honnêtes intendants.

C’est cela que nous célébrons à la messe où nous recevons le don de Dieu, fruit de la vigne et du travail des hommes, dit le prêtre à l’offertoire. Dieu nous donne sa vigne à travailler pour entrer dans la joie des vendanges réussies et goûter avec d’autres les fruits de ses dons.

Voici le vin, sang du Christ, « sang de l’alliance nouvelle et éternelle versé pour vous et pour la multitude » !

La joie de la mission, c’est lever le verre du vin nouveau, la coupe de l’alliance que Dieu offre pour réjouir le cœur de l’homme, dit le Psaume 104e, de tous les hommes.

Dimanche 24 sept 2017 – 25e dimanche ordinaire A - Mt 20, 1-16 et Is 55, 6-9

Dieu appelle à toute heure !  

Jésus nous donne une parabole et non des règles de justice sociale. Il ne parle pas du juste salaire mais de l’appel et du don de Dieu.

Car Dieu nous cherche. Les premiers mots qu’il adresse à Adam c’est : « où es-tu ? » Et il appelle tous les hommes, même ceux qui n’attendent rien ou n’espèrent plus et souvent à une heure imprévue et tardive. Dieu nous déconcerte et il l’affirme par le prophète Isaïe dans la première lecture : « Mes pensées ne sont pas vos pensées. »

Pourquoi Dieu préfère-t-il les offrandes d’Abel à celles de Caïn ? Pourquoi Jacob qui se fait passer pour son aîné Ésaü est-il quand même choisi ? Pourquoi David, le dernier né de Jessé, est-il élu pour être roi ? Pourquoi Joseph et Salomon et pas leurs frères ? Isaïe le dit encore : « Dieu est riche en pardon » et saint Paul dira aux Corinthiens : « Ce qu’il y a de plus fou dans le monde Dieu l’a choisi pour confondre les sages. » Pourquoi ?

Parce que personne ne peut faire valoir des titres ou des mérites, pour justifier le don de Dieu. Dieu ne nous aime pas parce que nous sommes bons… mais nous sommes bons, rendus bons, parce que Dieu nous aime.

Son don est premier et son pardon nous rend justes. L’amour qu’il donne est identique pour tous. Il donne à tous la même somme d’argent, c’est-à-dire le même amour.

L’amour n’est pas un salaire qui dépend de notre travail ou de notre ancienneté. Que Dieu donne à tous pareil réveille notre jalousie car nous pensons que l’amour se mérite. Non ! Il est gratuit, grâce.

La jalousie de Caïn ou du frère de l’enfant prodigue interroge notre propre jalousie pour la convertir, l’apaiser et la transfigurer en joie. Car ce que Dieu donne à l’un est donné à tous qu’ils soient premiers ou derniers. Le jaloux s’imagine que ce qui est donné à un autre lui est enlevé, volé ! Mais le même amour est donné à tous, différemment. « Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et les injustes » dit Jésus (Mt 5, 45). Et Jésus aime autant Matthieu le publicain collaborateur que Pierre qui le reniera et en pleurera.

Dieu n’est pas juste à notre manière. Son amour est injustifiable. Il est miséricorde. Sa justice n’est pas justicière mais elle nous rend juste, ajusté à son amour qui se donne, même à l’heure de la mort comme pour le larron.

Cela doit nous réjouir pour tous ceux que nous croyons loin de Dieu et pour nous-mêmes à certains jours.

Dieu nous cherche sans cesse, il appelle à toute heure et donne à tous le même amour, le même pour les premiers et les derniers. C’est une joyeuse nouvelle.

Dimanche 10 septembre 2017 - 23e dim. ordinaire A - Mt 18, 15-20 et Ézéchiel 33, 7-9

« Quand deux ou trois sont réunis en mon je suis là au milieu d’eux »

La première lecture nous a dit que Dieu fait du prophète Ézéchiel un guetteur. Le prophète, celui qui parle au nom de Dieu est une sentinelle ! Car Dieu nous parle par les autres, rarement en direct ! L’autre, le frère, est ainsi chargé de veiller sur notre fidélité, de nous alerter à l’approche de l’ennemi qui est ici le menteur, l’adversaire, Satan. C’est aussi le rôle de l’évêque, l’épiscope qui en grec signifie le gardien, veilleur de la foi et de la charité. Il ne peut être un lâche qui se tait par peur. Il est un guetteur qui doit, par amour, nous écarter du malheur, de la perte.

Aussi Jésus dit : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul et montre-lui sa faute. » Il est plus facile d’en parler à d’autres en son absence que d’aller le trouver seul à seul. C’est le terrible commérage ! Jésus ne demande pas d’épier avec soupçon ou hypocrisie mais de vivre la charité entre croyants réunis pour l’écouter présent par sa Parole. Même si le groupe est réduit à deux ou trois, comme en famille ou entre amis. La Parole de Jésus qui nous rend frères nous conduit en voyant un frère qui s’égare, à lui parler. Lui parler pour lui « montrer sa faute » que, tout seul il ne voit pas. Parler à un frère, c’est l’aimer, le rencontrer, l’écouter et dialoguer seul à seul, ou à deux, ou avec la communauté pour qu’il retrouve l’écoute de la Parole de Dieu.

Le Seigneur faisait d’Ézéchiel, un guetteur, Jésus demande à l’Église d’être aussi guetteur. Il s’agit de relier les membres de la communauté que la faiblesse pourrait détourner de la présence du Ressuscité.

Personne n’est à l’abri d’une défaillance. Chacun de nous, un jour ou l’autre peut y tomber et nous savons que les prêtres n’y échappent pas ! Mais il faut entendre le mot gagner que prononce Jésus. « Tu auras gagné ton frère ! » Gagner est le contraire de perdre : « tu auras retrouvé ton frère perdu. » Le père de l’enfant prodigue s’écrie « il était perdu ; il est retrouvé ». Et Jésus précise « Je suis venu sauver ce qui était perdu ». Et perdre un proche signifie aussi qu’il est mort ! Gagner un frère c’est le rendre vivant !

Jésus fait de son Église une fraternité, mais il ne rêve pas ! Il savait qu’on y vivrait les mêmes misères qu’il a rencontrées, trahison, reniement, peur, lâcheté… L’Église est une communauté de pécheurs, sans cesse pardonnés mais toujours fragiles. Toujours à pardonner et à se faire pardonner comme au début de chaque messe et avant de communier.

C’est pourquoi, en dernier ressort, il faut considérer le frère égaré comme un païen et un publicain, c’est-à-dire comme ceux que Jésus préfère car ils se laissent toucher par son pardon. Et Jésus qui vit dans la communauté lui confie son pardon.

Écoutons Jésus : « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Cela doit nous réjouir ! Présence délicate de Jésus qui nous accompagne jour et nuit : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Dimanche 25 juin 2017 - 12e dimanche A – Mt 10, 26-33

« Ne craignez pas ! »

À trois reprises Jésus demande à ses amis de ne pas avoir peur !

« Ne craignez pas les hommes

Ne craignez pas ceux qui tuent le corps.

Soyez sans crainte. »

Jésus insiste car il envoie ses disciples en mission et il sait qu’annoncer sa Bonne nouvelle, proclamer la liberté, la justice et la vérité, poser des actes d’amour n’est jamais facile. Et surtout, malheureusement, cela peut provoquer des rejets, de la haine, de la persécution.

La première lecture l’a évoqué pour le prophète Jérémie pourchassé et condamné. Pierre et Paul que nous fêterons jeudi, comme les apôtres et tant d’autres ont été martyrisés. Et aujourd’hui encore de nombreux chrétiens, spécialement en Orient, sont violemment persécutés.

La parole de Jésus « Ne craignez pas » est toujours d’actualité. Le pape Jean-Paul II l’a rendue célèbre avec les mots de Jésus « N’ayez pas peur ! »

Ce qui libère de la peur c’est la certitude que Dieu est amour et que son amour ne fait jamais défaut, qu’il est semence de vie et fait traverser les épreuves et la mort. Il offre la résurrection, mais il ne nous empêche pas de souffrir et de mourir. Et c’est souvent cela qui vient ébranler notre foi. Nous aimerions tellement que Dieu supprime les maladies, les accidents, la mort !

La violence et le mal sont dans la nature et la vie animale. Aussi Dieu nous demande de dominer la nature et les animaux pour maîtriser les forces de destruction. Mais l’être humain peut devenir une bête féroce pour ses semblables, parfois plus cruel qu’un animal.

Jésus le sait, alors il insiste : Ne craignez pas. N’ayez pas peur. Même dans la mort le Père du ciel ne vous abandonne pas. Il s’agit alors de rester fidèle à l’amour que Dieu a pour nous, pour chaque être humain, et que nous devons offrir à notre tour. Ne jamais répondre à la violence par la violence, surtout pas pour annoncer l’Evangile ou la morale à laquelle nous tenons. Jésus laisse toujours libre : « Si tu veux, suis-moi… Si tu veux… »

Avec Jésus, ne pas craindre et rester libre et sans haine, c’est croire à la résurrection. Et donc s’engager dans des paroles et des actes qui font grandir l’amour, la justice, la fraternité, la paix. C’est votre idéal et votre projet amis de la Confrérie des Anysetiers. D’autres le font aussi dans différentes associations humanitaires. Vous, à la suite de saint Serge et depuis saint Louis vous le faites au nom de votre foi en la résurection qui vous donne de ne pas craindre les forces du mal que vous combattez avec l’amour. Parce que Dieu nous aime et aime toute l’humanité, n’ayons pas peur, Jésus nous dit avec humour que nous valons bien plus que tous les moineaux. Même nos cheveux sont tous comptés !

Dimanche 18 juin 2017 - Sacrement du Corps et du Sang du Christ - Jn 6, 51-58

Le Verbe fait chair est pain de vie

Jésus nous dit avec insistance que pour vivre d’une vie qui traverse la mort il faut manger sa chair et boire son sang.

Dans la Bible, la chair c’est la personne vivante. Certes, la chair est capable de péché mais elle l’est aussi de joie et d’amour. Devant Ève, Adam s’écrie : « celle-ci est l’os de mes os et la chair de ma chair ». Et Dieu annonce par Ézéchiel : « j’enleverai votre cœur de pierre et vous donnerai un cœur de chair », un cœur vivant parce qu’il aime.

Jésus accomplit cette annonce en nous donnant sa chair en nourriture. C’est une allusion évidente au pain de l’eucharistie mais saint Jean n’utilise pas le mot Corps, comme Matthieu, Marc ou Luc qui font dire à Jésus à la Cène : « prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous. »

En saint Jean qui ne raconte pas la Cène, Jésus dit : « qui mange ma chair a la vie éternelle ».

C’est un petit clin d’œil comme les aime saint Jean qui commence son Évangile en affirmant : « le Verbe s’est fait chair ». Merveilleuse proclamation de l’Incarnation. Le Verbe, Parole de Dieu, s’est fait chair, et il nous faut le manger pour vivre. Sa chair est source de vie humaine et divine.

Le chrétien se nourrit donc de l’Incarnation, de Dieu qui a épousé l’humanité pour la diviniser car Dieu aime notre chair, notre vie, notre histoire avec ses joies et ses drames au point de les sauver.

Car c’est le Verbe, la Parole de Dieu qui s’est fait chair pour rendre la chair parlante, aimante, humaine et en marche vers la divinité. Si la chair n’est pas vibrante de parole d’amour et d’intelligence, elle n’est que de la viande animale livrée à la bestialité et à l’abattoir.

L’incarnation du Verbe nous rappelle que le don de Dieu transfigure toute chair, de la conception au dernier souffle, pour la rendre humaine et l’appeler à la résurrection. « Je crois à la résurrection de la chair » proclamons-nous dans le Credo.

Le Pain que nous donne Jésus c’est sa chair divine habitée de sa divine Parole. C’est l’eucharistie où nous nous alimentons aux deux tables inséparables : la table de la Parole – l’ambon – et la table du Pain – l’autel –  qui dressent tous deux pour nous le mystère de la croix.

La Parole devient charnelle et le Pain, chair parlante, tous deux offerts en nourriture pour guérir nos cœurs et nos corps blessés et ceux de nos frères.

Nous devenons ce que nous mangeons : le Corps du Christ, mort et ressuscité par amour, Parole de Dieu faite chair.

INSCRIPTIONS AUX FORMATIONS

Cycle d’initiation en théologie – Cycle d’approfondissement Cours de langues bibliques – Conférences