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RETROUVEZ LES HOMÉLIES DU PÈRE JOSEPH MARTY

Messe en la Chapelle Saint-Jean-Paul II au Parc Ducup à Perpignan, le dimanche à 10h30
Dimanche 18 novembre 2018 - 33edimanche B – Mc 13, 24-32

Jésus est à notre porte

Jésus parlait à ses disciples de sa venue à la fin du monde. Et il le fait en utilisant le style des apocalypses que les juifs connaissaient bien mais que nous, nous risquons de prendre à la lettre et d’en déformer le message.

Apocalypse est un mot grec qui veut dire révélation et pas catastrophe. Révélation, dévoilement, sur la fin du monde, mais la fin n’est pas que le terminus, le point final, c’est aussi le but, la finalité.

Le but, c’est le retour de Jésus comme maître de l’histoire et du cosmos, ce que d’autres textes appellent la royauté du Christ. Lui seul Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme « vient sur les nuées du ciel avec grande puissance et grande gloire. »Sa force et sa grandeur divines éteignent l’éclat du soleil et de la lune. Ces astres, qu’on risque toujours de prendre pour des dieux, des idoles, des prophètes, des rois soleils ou des pharaons éblouissants… tous, ils disparaissent. Les étoiles, les stars !, tombent du ciel de leur fausse gloire. Les puissances célestes sont ébranlées, tout ce que l’on adorait, admirait et enviait se met à trembler et s’effondre.

La venue du Christ fait donc la vérité et la lumière sur le sens de la marche du monde. Le faux et le clinquant qui nous en mettaient plein les yeux s’évanouissent. Et cela commençait déjà à la mort de Jésus en croix quand en plein jour le soleil disparaît. Ce sont des manières poétiques et symboliques de dire que la seule véritable lumière est le Christ mort et ressuscité, Soleil levant qui illumine ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort.
Et quand cela arrivera, « le Fils de l’homme est proche, à votre porte ».Alors, il n’y a aucune raison d’avoir peur. Le maître du monde vient apporter la paix et rendre la justice, il sonde les reins et les cœurs de chacun aux quatre coins du monde ! « Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît »,ni les anges, ni le Fils de Dieu ! Car c’est déjà dès maintenant que nous choisissons d’aimer et de vivre en vérité ou de suivre le mensonge qui brille pour mener à la mort.

Et Jésus nous dit que tous ces signes sont comme les branches tendres du figuier qui annoncent l’été et les beaux jours. Alors, suivons le vert de l’espérance et de la paix. Jésus est à notre porte, il nous invite au partage fraternel. Il frappe à notre porte et veut manger avec nous. A nous de le laisser entrer en servant nos frères.

Dimanche 4 novembre 2018 – 31e dimanche B – Mc 12, 28-34 + Dt 6, 2-6

Écouter pour aimer

« Quel est le premier de tous les commandements ? »La question posée à Jésus est sérieuse car il y avait 613 commandements ! Comment distinguer l’essentiel ? Jésus répond en citant deux livres de la Bible, le Deutéronome (c’est la première lecture) et le Lévitique qu’il va merveilleusement unir.

« Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique » (Dt 6, 4).

Cette prière du Shema Israël, que tout juif fervent récite chaque jour, énonce d’abord l’amour de Dieu pour son peuple.

On pourrait dire que le premier commandement est : Écoute.

Écouter Dieu qui parle et qui avant d’ordonner se révèle notre Dieu et ce n’est qu’en retour, en réponse, que je peux l’aimer et aimer le prochain.

Pour préciser ce qu’est aimer, Jésus recentre sur l’écoute qui tient un seul commandement à deux faces, recto et verso, d’une même médaille d’amour, avers et revers inséparables, face humaine et face divine. Sainte-Face qui livre sa parole d’amour divin dans le visage humain.

Oui, le visage humain est le côté pile de la face de Dieu.

C’est pour cela qu’écouter est épuisant, car l’écoute épuise l’égoïsme pour nous laisser toucher par la parole. Écouter nous vide… Nous vide de nous-mêmes pour faire place à l’autre et au Tout-Autre. Écouter c’est aimer.

Mais il nous arrive de faire semblant d’écouter : nous écoutons les mots, mais nous supprimons le visage qui parle avec ses larmes, ses sourires, ses silences. Or, c’est le visage habité par la parole qu’il faut écouter, même si tout petit il ne sait pas encore articuler des mots ou si malade ou agonisant il ne peut plus le faire. Le nourrisson et le mourant parlent !

Écouter n’est pas qu’une affaire de technique mais un mouvement du cœur, une ouverture, un appel à aimer. Depuis le premier Noël la Parole de Dieu se découvre à visage humain. Premiers cris de Jésus bébé à la crèche, dernier grand cri de Jésus mourant. Aussi, prier comme aimer, c’est faire silence pour sortir du mal-entenduet écouter en même temps Dieu et les hommes, la Bible et le journal. « Celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu qu’il ne voit pas » dit saint Jean (1 Jn, 4, 20). Écouter fait voir l’invisible. Dans toute rencontre heureuse ou bouleversante, Dieu nous dit sa présence. De même pour nos morts que nous ne voyons plus, mais écoutons leur mystérieuse présence en nous. Pour aimer, écoutons la parole qui se donne à voir en tout visage.

Écoute, le Seigneur notre Dieu est l’unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force… et tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Il n’y a pas de commandements plus grands que ceux-là.

Dimanche 21 octobre 2018 - 29e dimanche B – Mc 10, 35-45 et Isaïe 53, 10-11

Jésus, le Serviteur qui donne sa vie  

Jésus et ses apôtres marchent vers Jérusalem et Jésus leur annonce, pour la troisième fois, qu’il y sera trahi, arrêté et tué avant de ressusciter. Mais ils ne peuvent pas l’entendre car ils sont trop préoccupés de leur avenir.

Jacques et Jean, témoins avec Pierre de la Transfiguration, demandent à Jésus de siéger à sa droite et à sa gauche dans sa gloire. Les autres, devenus jaloux, s’indignent. C’est humain et nous aurions certainement fait de même en entendant Jésus parler de Royaume. Etre l’ami de Jésus, admiré par les foules pour ses miracles, donne l’envie d’être bien placé à ses côtés pour partager sa gloire…

Alors Jésus leur dit calmement qu’ils ne savent pas ce qu’ils demandent, ils ne savent pas ce qu’est la gloire de Dieu que va vivre Jésus. D’ailleurs, pour eux comme pour nous, comment le savoir si Jésus lui-même ne nous apprend pas que la gloire divine est un service d’amour qui n’a rien à voir avec les gloires humaines.

Aussi Jésus conduit ses amis à renoncer à l’imagequ’offrent la droite et la gauche du personnage prestigieux. Y renoncer c’est être serviteur et c’est prendre le vrai chemin vers la gloire. Pour être le premier, il faut servir. Et servir à la suite de Jésus c’est être missionnaire de sa Parole, que l’on soit dans des pays lointains ou chez nous, en cette terre de mission si difficile.

Aussi Jésus rappelle qu’il est venu pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. Voilà que se dresse l’heure de la croix où le Fils de Dieu trône sur un gibet d’infâmie entouré de deux bandits à sa droite et à sa gauche !

Ce n’est pas par hasard que les évangélistes précisent ce même détail : l’heure de la gloire de Jésus est celle où l’on ne voit que sa honte, dépouillé de tout vêtement avec deux criminels à sa droite et à sa gauche. C’est l’heure du service absolu qui s’expose dans l’abandon total de la gloire humaine pour restaurer notre dignité en offrant le salut.

C’est après sa mort et sa résurrection que Jésus sera dans la gloire, à la droite de son Père, comme le dit le Credo, et d’où il nous acccompagne.

Car pour Jésus, perdre par amour l’apparence de la gloire, c’est se donner, donner la vie, la vie même de Dieu son Père. C’est le grand service qui est la clé et le cœur de la mission pour que nos frères goûtent la joie de connaître l’amour de Dieu.

Dimanche 30 sept. 2018 - 26e dim. B ordinaire– Mc 9, 38-43, 45, 47-48 + Jacq 1,6

« Qui n’est pas contre nous est pour nous »

Jésus ne condamne pas ceux qui chassent les esprits mauvais en son nom… alors qu’ils ne sont pas ses disciples. L’Esprit de Dieu qui souffle où il veutest répandu sur tout être humain et les chrétiens n’en ont pas le monopole. Cela doit nous réjouir : il fait agir contre l’esprit du mal. Car tout acte bon prend son origine en Dieu. Qu’on le sache ou non !

Quand Jésus décrit le jugement dernier en st Matthieu (ch. 25), il dira à ceux qui ont servi leurs frères : C’est à moi que vous l’avez fait, même si vous ne le saviez pas.  Alors, pourquoi être chrétien ?

Pour être le peuple qui à la suite de Jésus annonce que dans l’amour qui s’origine en Dieu se trouve la vérité et la vie de tous les hommes. Et cette annonce devient louange, frémissement de joie. Dieu a offert sa vie d’amour à toute chair humaine pour traverser la mort, renaître.

Et ce peuple de témoins, c’est l’Église, qui à la suite du Ressuscité rayonne de sa vie et se réjouit de tout ce qui se fait pour la vérité, la justice, la paix, le pardon.

Alors, si ce peuple commet le péché, ce qui fait du mal aux autres et les abîme, ce que saint Jacques dénonce dans la deuxième lecture : Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué sans qu’il vous résiste… Alors, Jésus devient sévère et utilise un langage de paraboles pour inviter à éviter le mal. Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une meule et qu’on le jette à la mer.

Il ne s’agit pas seulement des petits enfants mais de ceux qui croient en Jésus et qui scandalisés de graves comportements du peuple de Dieu peuvent perdre la foi, désespérer de Dieu, le rejeter.

La main, le pied, l’œil nous font aimer, bien vivre et aider à mieux vivre. S’ils servent au mal, à chacun de voir comment les convertir et les guérir.Jésus ne conseille pas de se mutiler, il fait découvrir la gravité de ce qui empêche la communauté, l’Église, de témoigner de la miséricorde de Dieu et de rejeter toute forme de mal.Sans changement radical de vie, sans renouvellement du cœur, c’est être jeté dans la géhenne.

La Géhenneest un ravin de Jérusalem où à une triste époque des rois l’on sacrifiait des enfants à des idoles. Totalement désapprouvée par les prophètes, la Géhenne est devenue le symbole de l’horreur absolue et on en fit le lieu où l’on brûlait les détritus, une déchetterie où seraient jetés les impies au Jour du Jugement. Se représenter l’enfer, la haine et le refus de l’amour comme la poubelle de la ville, la déchetterie, est une image parlante. Jésus nous arrache de ce lieu maudit pour le suivre en communauté, en Église qui doit toujours se convertir, et à nous réjouir des beaux gestes de salut que d’autres réalisent car celui qui n’est pas contre nous est pour nous.

Dimanche 16 septembre - 24e dimanche B – Mc 8, 27-35

Renoncer pour s’ouvrir à la vie

Pierre qui vient de proclamer sa foi en Jésus Messie, refuse la mort de Jésus qui lui dit : « Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ! »

Nous comprenons Pierre. La mort fait peur, toutes les morts… La mort de Jésus, le Fils de Dieu. La mort qui mettra fin à notre vie terrestre, peut être après un long combat, une agonie. Mais aussi la mort de nos idées, de nos projets, de notre moi profond qui ne sont pas ceux de Dieu.

Comment croire que la vie ne se garde pas mais doive se donner, se perdre dans un don gratuit et généreux ? Il nous faut l’aide de Dieu !

Car la vie est un don de Dieu qui passe par nos parents (ils nous transmettent la vie) et les sacrements. Ce don de Dieu nous maintient en vie pour traverser la mort avec Jésus et ressusciter. C’est la pensée étonnante que Jésus nous révèle pour notre joie. Celui qui donne, et se donne, pour faire vivre est un vivant, même si donner c’est un peu ou beaucoup perdre et même mourir, renoncer à garder… Le militaire qui s’est donné en otage à la place d’une femme en est un bel exemple.

Renoncer à nous-mêmes n’est pas une espèce de suicide ni une mutilation. C’est une ouverture à la vie ! C’est suivre Jésus en renonçant à garder comme un propriétaire peureux et avare le don de la vie reçue.

Car il s’agit de renoncer à savie, notrevie, celle que nous nous donnons, pour accueillir lavie. C’est renoncer à ce que nous pensons qui nous fait vivre et qui sans que nous nous en apercevions, nous emprisonne, nous détruit, nous déprime. C’est Satan, le menteur, l’adversaire, qui nous fait croire qu’il faut garder les illusions, les fantômes, les mensonges qui offrent les déguisements de la vie. La Bible les appelle des idoles et elles s’insinuent partout tant le monde en fabrique et les adore, même au cœur de l’Eglise. On n’arrête pas d’adorer, plutôt qu’aimer ! On adore le chocolat, son chat ou son chien, la musique, la nature ou d’autres choses que je ne nomme pas… Ce sont les idoles que le pape François dénonce pour inviter à y renoncer. C’est un dur combat, un chemin de croix à la suite de Jésus, mais c’est pour laisser la vraie vie, don de Dieu, nous faire vivre.

Avec Jésus nous découvrons que cette perte pour la vie est un don d’amour qui fait vivre celui qui donne et celui qui reçoit. Donner un sourire, un geste, une présence, une aide, une écoute… c’est donner la richesse de la vie et de l’amour. C’est servir Dieu vivant et présent en tout homme.

Le don, que Jésus appelle le renoncement est une ouverture du cœur, de la pensée, des mains, pour enfanter. Oui, enfanter, que l’on soit marié ou célibataire, jeune ou ancien ! C’est un acte d’amour qui nous apaise pour nous faire vivre, avec nos frères, y compris à l’heure de donner le dernier souffle.

Dimanche 2 septembre 2018 - 22e dimanche B – Mc 7, 1-23

La Parole de Dieu féconde le rite

La tentation est toujours grande de préférer s’attacher à ce que Jésus appelle la tradition des hommes, plutôt qu’à la Parole de Dieu. La tradition des hommes c’est les gestes et les rites des cultures, souvent liés à une religion. Ils aident à vivre et à prier en société, et ils évoluent car les manières de vivre se modifient. Mais l’essentiel est de laisser le cœur s’ouvrir à Dieu et à la vie sans devenir prisonnier des règles du rite. La Parole de Dieu, qui appelle à aimer, est éternelle et traverse les rites pour toucher nos cœurs et faire vivre.

Les rites sont très utiles, il rythment nos vies, nos fêtes et nos célébrations. Toutes les religions ont des rites de purification. Mais Jésus invite à la prudence car, les bains, les lavages de mains, les ablutions risquent de nous faire croire qu’ils nous purifient. Le cœur serait pur parce que le corps est lavé ! Jésus dénonce cette illusion. On peut avoir le corps sali par le travail, la maladie, l’âge, des rencontres… et avoir le cœur propre.

Ce n’est pas l’eau qui purifie ! Mais la Parole de Dieu qui vient habiter le geste de l’eau pour la rendre parlante de l’amour de Dieu. Au baptême l’eau coule sur nous au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. C’est le geste de l’eau avec cette parole qui nous plonge dans l’amour du Christ, mort et ressuscité pour naître à sa vie.

L’eau bénite nous le rappelle. On ne se lave pas avec elle ni dans les piscines de Lourdes, mais on se souvient qu’on est inondé de l’amour de Dieu Trinité par le baptême.

Les rites doivent permettre à la Parole de Dieu de germer en nos cœurs et nous rendre libres. Car l’impur habite et grouille d’abord dans notre cœur, et Jésus en donne une liste impressionnante ! C’est donc l’intime de notre cœur que la Parole de Dieu doit nettoyer. L’impur ne vient pas du monde, des coutumes, des traditions et des interdictions respectées ou non… Jésus dit que « rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur. »Soyons donc en paix !

Le Psaume 50e, le Miserere,nous fait demander au Seigneur : « Lave-moi et je serai plus blanc que neige ». Ce n’est pas moi qui me purifie, ni l’eau, mais Dieu qui me rend saint. Et si le rite peut ouvrir un chemin de sainteté, il peut aussi devenir mensonge et hypocrisie dans le ritualisme. Jésus le rappelle.

Mais parce que l’accueil de la Parole de Dieu renouvelle le cœur et les gestes, le rite peut laisser passer la vie de Dieu. Il ne la donne pas ; il l’accompagne et la rend sensible, perceptible et même efficace dans les sacrements, les rites que nous donne Jésus et qui sont missionnaires et sources de joie.

Dimanche 24 juin 2018 – Nativité de Jean-Baptiste - Luc 1, 57-66

Jean-Baptiste annonce le Soleil de Dieu

La fête de saint Jean-Baptiste est précédée des feux qui soulignent le solstice d’été. À partir de ce jour le plus long, les jours vont se raccourcir, faisant grandir les nuits, jusqu’à celle de Noël au solstice d’hiver, suivie de la fête de l’autre saint Jean, l’évangéliste. Alors les jours recommencent à s’allonger.

L’Église ne connaît pas avec exactitude le jour des naissances de Jésus et Jean-Baptiste, mais elle ne s’est pas trompée en les inscrivant dans les rythmes de la nature et du soleil.

À la suite de l’Ancien Testament qui nomme Dieu lumière,les Évangiles proclament aussi Jésus lumièrepour le reconnaître vrai Fils de Dieu, ‘lumière née de la lumière’. Et parce qu’il est le Soleil se levant à l’Orient des hommes, il donne sens, oriente nos vies. Et Jean-Baptiste, humblement, l’annonce. Il dit : il faut que Jésus grandisse et que moi je diminue. Cette réalité de foi, la nature l’illustre en fêtant la naissance de Jean-Baptiste avec de grands feux, quand la lumière des jours et du soleil diminuent.      

Et nous fêtons la naissance de Jésus, soleil qui vient dans le monde éclairer tout homme,la nuit de Noël illuminée des clartés des bougies et des étoiles qui annoncent aussi la croissance de la lumière des jours.

Les feux de la saint Jean s’efforcent d’augmenter la victoire du jour et du soleil. Et la présence de Jean-Baptiste y fait entendre celle de Jésus, lumière divine qui déchire la nuit du mal, du péché et de la mort.

Jean-Baptiste est un grand personnage, une belle figure de prophète qui articule l’Ancien Testament au Nouveau. Il est la reliure qui rattache le premier livre de l’Alliance à l’autre. D’où l’importance de son nom Jeanque sa mère et son père insistent à lui donner. Les voisins et la famille veulent le nommer Zacharie comme son père, continuer une tradition, garder une même référence… Avec Jean, qui signifie Dieu fait grâce, quelque chose de nouveau s’annonce. On passe de Zacharie : Dieu se souvient, à Jean : Dieu fait grâce. La nuance n’est peut-être pas très importante, mais l’enfant est nommé par l’ange Gabriel messager de Dieu et non par les proches qui décident pour les parents. Désormais il est porteur d’un projet divin : annoncer le don de la grâce de Dieu en préparant la venue de Jésus, Parole de Dieu dont il n’est que la voix. Il rend droit le chemin, il porte la lumière, il annonce le lever du Soleil pour tous ceux qui marchent dans les ténèbres et l’ombre de la mort.Il donne l’espérance de la résurrection que chantent ses feux, victoire sur la nuit de la mort.

Dimanche 03 juin 2018 – Saint Sacrement, Fête Dieu - B- Actes 1, 1-11 et Mc 16, 15-20

 

La Pâque de Jésus est la Fête-Dieu

Jésus avec calme prépare son dernier repas pour la grande fête de Pâques. Il sait qu’il va y affronter sa mort qu’il offre pour la multitude.

Curieusement, le récit de l’Évangile ne décrit pas le cérémonial du repas pascal. Aucune allusion à l’agneau qui aurait dû y être mangé, aux herbes amères, au pain azyme ! Jésus rompt le pain et le verbe utilisé pour ce geste est le mot technique de l’eucharistie chrétienne appelée au début fraction du pain.

Ce n’est pas un reportage sur le dernier repas de Jésus mais déjà la prière eucharistique utilisée dans l’Église par les tout premiers chrétiens. L’Évangile n’a retenu que les gestes et les mots qui ont transformé ce dernier repas pascal de Jésus en célébration de la nouvelle Pâque, notre messe.

Car Jésus annonce sa Pâque qui scelle la nouvelle Alliance.

Et il en fait une prophétie en action de ce qui lui arrivera le lendemain.

Son corps sera brisé comme ce pain entre ses doigts.

Son sang sera versé comme ce vin dans la coupe.

Chair et sang seront séparés, non par accident, mais comme dans un sacrifice. Sacrifice offert pour la multitude.

Jésus dit : « Ceci est mon corps ».Le corps pour les Juifs est la personne tout entière. Donc : « ceci c’est moi qui me donne. »

La phrase de Jésus « Le sang de l’alliance »a déjà été prononcée par Moïse, au pied du Sinaï, pour le sacrifice de l’alliance entre Dieu et son peuple. C’est la première lecture de ce jour. Cette cérémonie de l’alliance d’il y a plus de mille an avant notre ère est devenue le modèle des assemblées juives et chrétiennes, le modèle de la messe.

– Elle commence par la liturgie de la Parole. Moïse lit au peuple « les paroles et les commandements du Seigneur ». Tous écoutent et approuvent.

– Puis vient la liturgie du sacrifice. Les victimes sont immolées et Moïse scelle l’Alliance entre Dieu et le peuple par le sang. Il répand la moitié du sang sur l’autel qui représente Dieu, et, de l’autre moitié il asperge le peuple en disant : « Ceci est le sang de l’alliance que le Seigneur a conclue avec vous ».Le même sang, symbole de vie et de réconciliation, signifie qu’il y a communion entre Dieu et son peuple. Les prophètes diront que ce sont les noces de Dieu avec son peuple.

Depuis ce jeudi de printemps où Jésus, la veille de sa mort a instauré une nouvelle Pâque, l’Alliance nouvelle et éternelle, nous communions au don de sa vie qui sauve le monde. Avec l’Eucharistie Jésus nous donne son corps en nourriture pour vivre de sa vie. C’est une joie et une fête. La Fête-Dieu comme disaient nos aînés !

Dimanche 06 mai 2018 - 6e dimanche de Pâques – B- Jn 15, 9-17

« Aimez-vous… comme je vous ai aimés »

C’est le testament spirituel de Jésus. Il donne à ses apôtres un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».C’est beaucoup plus que simplement « aimez-vous » ! Car aimer c’est très vague ! On aime le chocolat ou son chat, faire la sieste ou tel parfum… Et ce n’est pas la même chose qu’aimer ses proches ou Dieu !

Adorer devient un mot galant ou mondain… Alors, Jésus nous met à l’heure de Dieu. Aimez-vous les uns, les autres, comme je vous ai aimés.Les uns, les autres ! Pas les uns, les uns… Pas seulement les semblables, ceux qui pensent et vivent comme nous… Les pas pareils, les différents. C’est l’expérience que vit Pierre, puis Paul, en découvrant que l’Esprit saint ouvre le cœur des païens à la foi au Ressuscité. Et au cas où nous ne comprendrions pas, Jésus précisera même d’aimer les ennemis. Il ne nous demande pas d’avoir de l’affection ou de la tendresse pour les ennemis, mais de les aimer comme lui Jésus les aime, comme Dieu les aime. « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ».

C’est-à-dire de les vouloir vivants et en paix, de leur donner la joie de vivre. Celui qui est habité de haine, de violence, de jalousie ou de peur est prisonnier de la mort. Alors, Dieu l’aime en lui donnant de vivre à nouveau s’il se laisse toucher par l’amour vivant.

Aussi Jésus nous demande d’aimer comme lui nous a aimés ! C’est-à-dire jusqu’à la Passion. Pas la passion de l’égoïsme ou de l’amour fou qui n’aiment que soi. La Passion de la croix, passion d’un amour offert jusqu’au bout, sans révolte devant l’injustice. Amour livré pour nous et pour la multitude.

Cet amour est le même dont le Père aime Jésus. Jésus nous le dit : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ».Il s’agit donc de l’amour divin qu’échangent le Père et le Fils et que le Fils offre à ses amis. Cet amour vital, donné, reçu, rendu, est l’Esprit Saint. Et cet amour est beaucoup plus que de la gentillesse, de la politesse ou de la tendresse. Il est un don qui fait vivre, qui nous sauve, si nous acceptons de l’accueillir. Et il met notre cœur en joie, la joie de Jésus pour que nous soyons comblés de joie !

C’est la nouveauté de la Bonne Nouvelle de la Résurrection de Jésus qui se déploie dans l’amour que nous sommes appelés à vivre et que nous offrons aux uns et aux autres… comme Jésus nous a aimés.

Dimanche 29 avril 2018 - 5ePâques B – Jn 15, 1-8 + Ire Lettre de Jn 3, 18-24

 

 

Demeurer en Dieu, le Père vigneron

Jésus nous dit que Dieu, le Père, est vigneron et nous savons qu’un vigneron aime sa vigne avec passion, parfois même au détriment de sa famille et de sa propre vie ! Il se lève tôt pour la soigner, l’admirer ; il s’inquiète du temps et dépense de l’argent pour qu’elle donne du fruit. Ainsi Dieu, le Père.

Jésus est le cep et nous les sarments. Entre les deux il y a la sève qui passe, c’est-à-dire la vie, la force de sa Parole d’amour. Et même quand les sarments semblent secs, la sève est là. Il suffit de rester rattachés au cep qui transmet la vie et l’amour.

Le sarment, qu’il soit dressé vers le haut ou vers le bas, qu’il soit grand ou petit, est libre dans sa forme et sa place. La sève le traverse. De même la vie de Dieu nous irrigue.

Ainsi, Dieu, le Père, est vigneron. Jésus le cep. Nous les sarments… Ces images familières qui nous parlent, nous aident à mieux vivre la foi et notre relation à Dieu.

En effet, le fruit de la vigne est pressé, écrasé, et parfois la croix a été décrite et dessinée comme un cep ou un pressoir d’amour dont le jus de la grappe évoque le sang du Christ versé pour la multitude. Et Jésus précise que pour bien vivre de la vie de Dieu nous devons demeurer sur le cep qu’est Jésus.

Le verbe demeurerrevient comme un refrain dans l’Évangile de saint Jean. Il invite au repos et au réconfort. Il s’agit de demeurer chez le vigneron, auprès de sa vigne et de sa cave appelée souvent château. Sainte Thérèse d’Avila a développé ces images dans son livre Le Château intérieur composé de diverses Demeures. La demeure est mieux qu’une maison et elle évoque une atmosphère de bonheur, de convivialité festive et paisible.

La vie de foi c’est partager l’intimité divine, et demeurer chez le Père, vigneron, c’est demeurer en Dieu. Cela nous renouvelle, nous fait porter du fruit pour donner aux autres le goût et la saveur de Dieu. Il nous suffit de demeurer. Jésus nous dit : « qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. »

Beaucoup certainement demeurent en Dieu, comme le sarment sur le cep, sans peut-être le savoir. A eux comme à nous saint Jean rappelle dans la lecture de ce jour que « notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur. » Son pardon nous nettoie, nous émonde du mal, de la culpabilité, de la peur. Il nous donne la paix.

Dieu est vigneron. Il est prêt à tout pour sa vigne, ses sarments, ses grappes. Demeurons dans son amour qui fait porter de beaux fruits à nos sarments rétifs et rebelles.

Samedi 31 mars et dimanche 1er avril 2018 – Pâques - B – Mc 16, 1-8

 

« N’ayez pas peur ! »

Le matin de Pâques, les femmes qui se rendent au tombeau de Jésus sont saisies de peur. Un jeune homme vêtu de blanc leur dit : « N’ayez pas peur. Jésus est ressuscité. Il n’est pas ici. »Mais elles s’enfuient toutes tremblantes de peur. L’évangéliste Marc insiste sur la peur des femmes et indirectement sur celle des apôtres enfermés chez eux et à qui les femmes doivent annoncer que Jésus est ressuscité.

La joie de Pâques que l’on voudrait tellement ressentir est d’abord précédée de la peur. Un tombeau ouvert et sans le corps, deux jours après l’enterrement, cela fait peur ! Comment admettre l’impensable ? Il nous faut accueillir cette peur pour bien entendre : « N’ayez pas peur. Vous cherchez Jésus ? Il est ressuscité. Il n’est pas ici. »

Comme ces femmes, nous courons aussi vers des tombeaux, des impasses : soucis de santé, épreuves familiales ou professionnelles, drames du monde. Horizons bouchés. « Qui nous roulera la pierre »qui ferme l’avenir ?

Nous cherchons Jésus, nous voudrions mieux croire, nous questionnons les livres et les religions… Nous cherchons Dieu, un sens à la vie, à l’amour. « Qui nous roulera la pierre »qui nous enferme ?

Aujourd’hui, l’ange messager de Dieu nous dit : « N’ayez pas peur. Celui que vous cherchez n’est pas ici. »Il a déjà enlevé la pierre, toutes les pierres tombales !

Devant tout ce qui nous accable, entendons le message de Pâques : le Vivant n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. Regardez le lieu où votre peur s’est engouffrée, où vos larmes se sont versées. Regardez les causes de vos angoisses. Mais celui que vous cherchez n’est pas ici. Allez le dire aux autres, il vous précède en Galilée. C’est-à-dire, il vous attend là où vous ne pensiez pas le trouver, hors des tombeaux, en terre païenne. Allez-y avec les autres !

Quittez les lieux de mort et vos tenues de deuil. Le Ressuscité nous appelle au cœur du monde, avec nos frères. Là il transforme nos peurs en gestes de paix. C’est là que nous trouverons celui que nous cherchons, celui que notre cœur aime peut-être sans le savoir. La pierre du tombeau est enlevée. L’avenir est ouvert. Le Crucifié est ressuscité. N’ayons pas peur.

Dimanche 11 mars 2018 - 4e dimanche de Carême – B – Jn 3, 14-21 + Ephésiens 2, 4-10

 

Jésus crucifié est le Vivant qui nous sauve

Dans notre marche vers Pâques il est bon d’entendre Jésus affirmer. « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais que par lui le monde soit sauvé. » Sauver c’est arracher à la mort. Être sauvé c’est retrouver la joie de vivre. Et nous le souhaitons sans même y penser en disant aux amis : Salut ! En catalan la salut c’est la santé mais aussi le sauvetage, la rédemption…  Il y a des Vierges de la Salut ou de la Salvetat invoquées pour la santé de l’âme et du corps comme disaient les anciens. Avec Jésus le salut est la guérison de tout l’être. C’est être arraché aux griffes de toute mort, retrouver la source de la vraie vie. Saint Paul le dit dans la seconde lecture : « Nous qui étions des morts, Dieu nous a fait revivre avec le Christ. C’est par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui il nous a ressuscités ».

L’image du serpent de bronze nous aide à le comprendre. Souvenez-vous ! Quand des serpents dans le désert tuent les Hébreux, Moïse, sur l’ordre de Dieu, dresse une image de serpent qu’il élève. En la regardant, en osant voir ce qui cause la mort, ils étaient guéris, sauvés.

Ces serpents évoquaient le serpent de la Genèse qui, entortillé sur l’arbre de vie, déformait la Parole de Dieu pour tuer la confiance en Dieu, source de vie.

Avec Jésus, à la suite de Moïse, le serpent menteur criminel est retourné, détourné. Sur la croix, Jésus élevé et exalté se fait serpent pour guérir. Il prend sur lui nos morts et nos poisons, haine, jalousie, violence, mensonge… pour être plus que guérisseur, sauveur ! Déjà les anciens avaient pressenti que certains poisons peuvent soigner. Le caducée des médecins et pharmaciens le rappelle : ces serpents enroulés autour d’un bâton. Jésus en croix transfigure ce symbole. En donnant sa vie, par amour, Jésus, chargé de nos morts et de nos malheurs nous demande non plus seulement de le regarder, comme le serpent de bronze, mais de le croire.

Sur la croix il est tenté ! « Si tu es Fils de Dieu, sauve toi, toi-même et nous croirons en toi ! » Jésus ne se sauve pas. On ne se sauve pas soi-même. En français se sauver c’est s’enfuir ! On est sauvé. Le Père, source de toute vie, nous sauve par Jésus, son Fils. Exposé et élevé sur la croix, son étrange trône de gloire, il nous sauve comme le nouveau serpent, de chair humaine et divine, qui proclame et projette comme un phare la vraie lumière, la vérité : Dieu donne la vie et la redonne dans le pardon qui nous réanime.

Voir Jésus en croix nous fait accueillir la lumière de la vérité sur nous et sur le monde : croire que Jésus nous sauve, nous redonne la vie de Dieu que nous puisons dans l’eucharistie.

Jésus crucifié est plus qu’un nouveau caducée. Il est le Vivant qui nous sauve en nous donnant la vie. Ne le perdons pas de vue.

Notre bonheur et celui de nos frères en dépend.

Dimanche 25 février 2018 - 2e Car-B – Transfiguration - Mc 9, 2-10

Écouter Jésus transfiguré

Ce sont ces intimes, Pierre, Jacques et Jean, que Jésus conduit sur une haute montagne, à l’écart, pour être transfiguré devant eux. Et il est entouré de Moïse et Élie, les deux grands piliers de l’Ancien Testament qui sont allés à la rencontre de Dieu sur une montagne. Leur marche a duré 40 jours, un carême qui transforme le cœur pour entendre Dieu qui veut transfigurer notre vie.

Comme Moïse et Élie, les apôtres rencontrent Dieu. Mais pas dans les éclairs et le tonnerre, dans le visage de Jésus rayonnant du feu de l’amour divin. C’est une surprise… Le Dieu des Patriarches change de visage. Finie la terreur du Buisson ardent et du Sinaï ! Jésus laisse sa divinité apparaître sur son corps. Le voile qui la cachait se déchire, il est vraiment Dieu avec nous ! Stupeur et frayeur sont compréhensibles.

Aussi une nuée couvre les apôtres, comme autrefois elle couvrait le peuple marchant dans le désert avec Moïse. Et une voix proclame: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Ecoutez-le. »

Comme au baptême de Jésus le Père confirme sa paternité, et il demande d’écouter son Fils. L’écouter car il ne suffit pas d’être émerveillé ou effrayé par un visage humain illuminé de la puissance divine. L’écoute de la Parole nous rend prudents devant la fascination du voir. L’œil doit rejoindre l’oreille. Que l’œil écoute chante Claudel ! Ainsi l’émerveillement de la transfiguration – qui annonce la résurrection – s’achève par l’appel à écouter la Parole de Jésus, Verbe de Dieu, Fils de Dieu.

Et cette voix : Ecoutez-le ! résonne avec la même force que celle qui énonce la grande prière du peuple de l’Alliance : Écoute Israël, Shema Israël, Le Seigneur ton Dieu est l’unique, tu l’aimeras de tout ton cœur…

Écoutez-le car il vous demande aussi d’aimer Dieu et votre prochain comme vous-même !

Écouter Jésus quand il nous invite à laisser notre cœur s’ouvrir au don de la vie et du partage.

L’écouter quand il nous révèle que la souffrance et la mort qui défigurent sont un passage vers la transfiguration de la résurrection.

Les apôtres ne le comprendront qu’après la résurrection. Les mêmes apôtres Pierre, Jacques et Jean seront près de Jésus quand il agonisera à Gethsémani mais ils dormiront quand dans son angoisse il appellera son Père : Abba !

Alors, même quand la fatigue, le découragement ou le sommeil nous terrassent, laissons Jésus nous transfigurer. Il nous accompagne sur le chemin où la voix du Père, source de toute vie, nous murmure, comme à Jésus… à tout moment et à l’heure de la mort :

Tu es mon enfant bien-aimé, je te donne la vie, je te transfigure, je te ressuscite.

Dimanche 11 février 2018 - 6e dimanche B – Mc 1, 40-45 + Lévitique 13, 1…46

« Je le veux, sois purifié »

Un lépreux, à genoux, supplie Jésus : « si tu le veux, tu peux me purifier ». Et Jésus pris de pitié lui dit : « je le veux, sois purifié ».

La volonté de Jésus rejoint celle du lépreux qui ose clairement et dans la foi formuler sa demande. Les deux disent leur volonté, leur désir, et Jésus l’accomplit.

Ce n’est pas toujours aussi simple pour nous ! Voulons-nous vraiment ce que nous demandons ? Osons-nous demander ce que nous désirons ? Et que pensons-nous de la volonté de Jésus ou de son Père ? Pourquoi avons-nous peur parfois de dire dans le Notre Père : « que ta volonté soit faite » ? Pourquoi pensons-nous que la volonté de Dieu est une épreuve et une souffrance, alors qu’il veut notre bonheur ?

« Je le veux, sois purifié ». Sa volonté c’est que nous soyons libérés, guéris de nos blessures, de nos impuretés. Jésus veut nous nous rendre la vie, la vraie, celle qui traverse la mort. Il ne guérira pas toujours nos maladies, c’est vrai, mais il purifie et soulage le cœur blessé.

Et son geste et sa parole sont impressionnants de liberté et d’audace envers le lépreux qui est malade dans sa peau. Il empeste, fait peur et est rejeté hors des communautés car on le croit impur et capable de contaminer. La première lecture décrit bien cela. L’exclusion augmente encore sa souffrance car la peau est un lieu de communication. Si elle a mal, c’est la relation qui souffre et le contact peut la soulager et non l’éloignement.

Jésus le sait. Pour guérir et purifier le lépreux qui aurait dû être loin, Jésus le touche. Il touche l’intouchable. C’était interdit car le lépreux est comme un cadavre, porteur de mort et d’impureté qu’il communique. Jésus, le Vivant, touche le lépreux mort vivant qui va recevoir la vie de Jésus. Jésus n’est pas contaminé et le malade est purifié, rétabli dans le circuit des relations sociales et religieuses : « va te montrer aux prêtres ».

Jésus ose toucher la personne car il se fait proche des malades et des pécheurs pour pardonner et soulager. C’est sa volonté.  Et il touche le corps car il est déjà touché par la souffrance. Il est pris de pitié, touché aux entrailles et il le montre en touchant. On ne peut toucher quelqu’un sans être en même temps touché par lui. Le contact est réciproque ! Geste merveilleux de Jésus qui traduit la tendresse du Père envers tous ses enfants blessés, mal dans leur peau.

Et Jésus deviendra lépreux pour guérir l’humanité, hommes et femmes. Sur la croix il est couvert de péchés… mais c’est la lèpre de nos péchés qu’il porte dans ses plaies pour les enlever. « Agneau de Dieu qui enlèves le péché du monde, prends pitié. Si tu le veux tu peux me purifier ». Et Jésus nous dit, aujourd’hui : « je le veux, sois purifié ».

Dimanche 21 janvier 2018 - 3e dimanche ordinaire B – Mc 1, 14-20 + Jonas 3, 1-10

Bonne Nouvelle pour aujourd’hui

Jésus proclame la Bonne Nouvelle de Dieu. Bonne nouvelle se dit en grec eu-angélion qui a donné évangile. Jésus annonce donc l’Évangile, Bonne Nouvelle de Dieu.

On entend plus souvent des mauvaises nouvelles, surtout à propos de Dieu. Dieu vient punir. Dieu complice des guerres, des violences, des religions meurtrières… Mauvaises nouvelles qui engendrent la violence et font rejeter Dieu.

Alors Jésus vient rétablir la vérité, qui fait vivre, alors que le mensonge tue. Plus qu’une Bonne nouvelle, il proclame la Bonne nouvelle, de Dieu : Dieu nous aime et nous appelle à sa vie, son bonheur.

C’est le désir de Dieu déjà annoncé par les prophètes de l’Ancien Testament, et que Jonas proclame à Ninive (Cf. 1re lecture). C’est la libération du péché qui est le non-amour et nous plonge dans la mort. Aussi c’est un même refrain qui parcourt la Bible jusqu’à Jean-Baptiste et que reprend Jésus : « Convertissez-vous ! »

C’est-à-dire : changez de vie et de route. Ne vivez pas prisonniers de mauvaises et fausses nouvelles, ne courrez plus dans l’ombre de la mort, suivez ma Parole qui offre la joie : « Convertissez-vous ! Venez à ma suite. Derrière moi !… »

Jésus appelle à marcher à sa suite : c’est cela la conversion, le changement de cœur.

L’heure est venue ! « Les temps sont accomplis ». La conversion est urgente comme pour les gens de Ninive et comme le rappelle saint Paul : « le temps est limité ! »

En passant au bord du lac Jésus voit Simon et André, Jacques et Jean et il les appelle. « Aussitôt », laissant tout ils le suivent. « Aussitôt », précise saint Marc qui ne fait pas de reconstitution historique ni d’analyse psychologique. L’essentiel est l’appel de Jésus et il n’y a pas à perdre de temps. C’est l’heure de choisir la vie et le bonheur. Et c’est cela que Marc veut nous faire entendre aujourd’hui.

C’est Jésus qui appelle et a l’initiative. Il va à la rencontre de ces hommes qui sont en plein travail et qui à ce moment ne demandent rien.

Dieu nous aime avant que nous l’aimions. Il nous cherche même si nous ne le cherchons pas. Le Christ est toujours là à nos portes.

Il nous dit : « Le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne nouvelle. Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. » Je vous appelle pour que vous aussi vous annonciez aux autres la Bonne nouvelle de Dieu.

« Aussitôt, laissant là leurs filets et leur père ils suivent Jésus. »

À nous aussi d’entendre cet appel au bonheur de la mission.

Dimanche 7 janvier 2018 – Épiphanie - Mt 2, 1-12

L’étoile des Mages a le visage de l’Enfant-Dieu

Des Mages venus d’Orient cherchent, pour l’adorer, le roi des Juifs qui vient de naître. Ce ne sont pas des rois mais des savants astrologues qui scrutent les étoiles. Ils savent, comme tous dans l’Antiquité, que la venue d’un astre signale une naissance importante. Le père de Jean-Baptiste le dit : « grâce à Dieu, l’astre d’en haut nous visite pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort. »

Aussi saint Matthieu parle d’une étoile qui avertit les Mages païens de la naissance de l’Enfant-Dieu comme Messie, et saint Luc le fait dire par des anges aux bergers juifs. La Bonne Nouvelle de la venue du Fils de Dieu en notre chair est pour les Juifs et pour tous les peuples non juifs. Aussi la tradition l’a exprimé en donnant à chaque Mage un visage de couleur différente, blanc, jaune et noir, pour bien montrer que toute l’humanité peut reconnaître l’amour donné par Dieu.

Les Mages ont compris qu’une nouvelle étoile indique que le Dieu du ciel est venu sur terre. Alors pour s’offrir à lui qu’ils ne connaissent pas, ils suivent l’étoile qui illumine leur cœur. Ils sont pèlerins du désir, avec Dieu pour étoile polaire et boussole. L’épiphanie est la manifestation de l’amour de Dieu à l’univers entier, à tous ceux qui laissent la lumière briller aux yeux pour brûler leur cœur et les mettre en mouvement.

A Jérusalem, les prêtres et les scribes qui savent ne suivent pas le signe ! Mais les Mages qui ne savent pas se laissent déplacer !

Ils rencontrent la Parole de Dieu qui a pris chair. Un nouveau-né qui ne parle pas encore. Et sa mère, Marie, qui ne dit rien devant leur prosternation silencieuse ! En Jésus, ils reconnaissent Dieu et le roi du monde, car on ne se prosterne que devant le roi ou Dieu. Le geste de ces étranges païens est une parole de foi qui peut aider notre prière quand les mots nous manquent.

Et osons présenter à Dieu nos trésors cachés comme ceux des coffrets des Mages. L’or de nos amours heureuses ou malheureuses.

L’encens qui brûle nos cœurs et s’élève vers Dieu malgré nos péchés et nos hontes.

La myrrhe, parfum pour les morts et qui accompagne nos maladies, souffrances et épreuves, que le Seigneur veut transfigurer. Oui, nos rires et nos larmes déposons-les dans les bras de l’Enfant-Dieu qu’indique l’étoile. Dans les crèches, comme sur la croix, Jésus a les bras ouverts. Il nous attend ! Là, nos vies se mettent à vivre et à parler parce que le Verbe fait chair les ranime.

Alors, comme les Mages, nous retournerons chez nous… par un autre chemin. Nous y goûterons la joie de vivre et de l’offrir. Car l’étoile de Noël a le visage de l’Enfant-Jésus, Dieu qui nous appelle tous, même païens comme les Mages, à renaître.

 

Noël 2017 – Lc 2, 1-14 + Isaïe 9, 1-6

« Aujourd’hui un Sauveur vous est né »

« Ne craignez pas. Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur. »

Ce message de l’ange est pour nous, nos proches, notre pays, le monde.

Les craintes et les soucis nous attristent. L’espérance qu’apporte la Bonne Nouvelle de Noël ne les supprime pas, mais elle nous encourage pour traverser les peurs et rester debout. La joie promise à tous c’est qu’un Sauveur est né. Aujourd’hui.

Pour vous, pour tous. Pas seulement un sauveteur ou un homme providentiel… Le Sauveur qui donne la vie et détruit la mort pour toujours. Celui qui transforme le cœur de pierre en cœur de chair et offre la paix à ceux qui marchent dans les ténèbres et l’ombre de la mort.

Et ce Sauveur est un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ! Ce signe est important car qui pourrait imaginer qu’un bébé sur la paille soit le Sauveur ?

Il faut toute la puissance de Dieu pour mettre sa force dans la fragilité d’un nourrisson. Et d’un nourrisson livré, sur la nourriture des animaux, à notre faim de vivre et d’aimer. Dieu s’abaisse et se fait tout petit pour se faire connaître et offrir son amour sauveur. Il suffit de regarder nos crèches pour le voir. En Jésus, Dieu est à ras de terre, en cœur et corps humains. En nous. C’est le salut !

Alors tout l’univers exulte ! Du plus haut des cieux aux enfers du monde, tout chante la joie et la paix. L’étable avec l’âne et le bœuf, les étoiles et les anges. Et notre humanité, depuis les bergers, pauvres et exclus, jusqu’aux mages riches et savants.
Et nous tous, enfants et anciens, hommes et femmes appelés par la Parole faite chair, Jésus-Christ, l’Homme-Dieu. Entre Marie et Joseph, Jésus fait se rencontrer le ciel de Dieu et la terre des hommes avec tous les petits devenus nos frères.

Depuis le premier Noël, Dieu vient chez nous. Aujourd’hui, en chacun de nous et en tout lieu du monde, il veut offrir la joie et la paix.

Isaïe l’annonçait. L’Ange de la crèche le confirme : « Je vous annonce une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur. » C’est Jésus, notre frère, le Fils du Dieu vivant, le Prince de la Paix.

Dimanche 16-17 déc. -3e dimanche Avent -B- Jn 1, 6…28 + Isaïe 61, 1 + 1 Thessaloniciens 5, 16

La lumière de Jésus nous réjouit

Jean-Baptiste est pour nous un grand frère, un modèle.
Il n’est pas le Messie, mais il l’annonce.
Il prépare le chemin à Jésus qui est le chemin.
Il n’est pas la lumière mais son témoin, le lampadaire qui porte la lumière qu’est Jésus.

Il est la voix qui annonce la Parole, Jésus, Parole de Dieu faite chair.
Il est notre modèle pour préparer le chemin à la Parole.
Dans le désert et la tristesse de toute vie, il ranime l’espérance au cœur de la nuit car Jésus vient offrir la joie de vivre en éclairant nos ténèbres.
Et c’est cela la source de notre joie. Isaïe le rappelait :
« Le Seigneur m’a envoyé guérir ceux qui ont le cœur brisé, annoncer la délivrance et la liberté. » St Paul le redit à sa manière : « Soyez toujours dans la joie… car Dieu accomplira tout cela. » Il l’accomplira pour nous, pour nos proches, pour l’humanité.

Dans la nuit de Noël nous entendrons Isaïe dire : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ». Cette lumière c’est Jésus, Dieu parmi nous qui nous offre sa vie et sa paix.

Et sa lumière vient éclairer tout homme, toute femme, pas seulement les chrétiens ou les membres de l’Église ! Les bergers marginaux et Mages d’Orient, la reine de Saba, Zachée et Matthieu les publicains, la Samaritaine, le larron en croix, Pierre le renégat qui a pleuré… nous-mêmes si souvent et tous ceux de nos familles qui ne pratiquent pas ou plus, enfants ou petits enfants pas baptisés, pas mariés à l’Église, amis indifférents, tout ce monde apparemment loin de l’Église (mais peut-être pas du Dieu vivant !), tous ces proches dont la manière de vivre nous peine ou nous culpabilise : « nous n’avons pas su transmettre la foi ? » A tous, la lumière de Jésus est donnée. Elle vient éclairer tout être humain. Réjouissons-nous !
« Au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas » dit Jean Baptiste.

Il est là, mais vous ne le voyez pas, vous l’ignorez. Il est là et sa présence nous travaille, sa lumière nous éclaire et transfigure nos visages découragés, endeuillés et ceux des nôtres. Il nous faut simplement préparer son chemin en étant des lampadaires, des petits bougeoirs et lui prêter notre voix car seule sa Parole peut parler au cœur de tous.

Réjouissons-nous. La lumière des sapins et des illuminations des villes et de nos crèches avec son étoile, celles de nos Pessebres et de nos maisons nous rappellent la grande et joyeuse lumière de Jésus, qui est au milieu de nous et que nous ne connaissons pas encore ou pas très bien. Réjouissons-nous car même dans les larmes et la nuit, la lumière divine de Jésus nous murmure la joie et la paix.

Dimanche 5 novembre 2017 - 31e dimanche ordinaire A - Mt 23, 1-12

Être élevé par Jésus 

Ces paroles fortes de Jésus doivent nous rendre humbles. Elles révèlent le mensonge qui nous pousse à paraître, à jouer les importants en voulant nous élever. Ça nous détruit et nous blessons les autres.

Dieu seul origine de tout, donne la vie. C’est pour cela que nous l’appelons Créateur et Père. Je crois en Dieu, le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre… Mais sa puissance d’amour, il la donne en nous servant.

Pour bien faire entendre cela, Jésus a l’art des renversements.

« Qui s’élève sera abaissé. Qui s’abaisse sera élevé. »

« Les premiers seront les derniers. » « Le plus grand sera votre serviteur. » « Le Maître c’est celui qui sert ». Les pauvres de cœur entreront dans le  royaume de Dieu.

Il renverse un certain savoir vivre pour mieux vivre en frères comme lui. Il est dans le monde sans être dans la mondanité.

Alors, « qui s’abaissera sera élevé. »

Elever c’est mettre plus haut, mais c’est aussi éduquer, faire venir à l’âge adulte. Dans l’agriculture, un éleveur prend soin de ses bêtes, de ses vignes ou de son vin.

Les parents font grandir leurs enfants en taille, en intelligence, en humanité. Ils les élèvent pour qu’ils soient bien élevés. Le professeur éduque ses élèves par son enseignement.

Aussi Jésus nous invite à redevenir comme un enfant car s’abaisser n’est pas se mépriser. C’est accepter de recevoir, d’écouter, de se laisser prendre par la main pour être conduit plus loin et plus haut. C’est retrouver la confiance d’un enfant qui s’en remet à son père pour être élevé.

C’est marcher à la suite de Jésus qui se met au service des autres : il s’abaisse à genoux devant ses amis pour leur laver les pieds et ainsi les faire grandir. Et il est mis plus bas que terre, enterré, avant que son Père l’élève en gloire par la résurrection et l’Ascension.

« Qui s’abaisse sera élevé. » Qui accepte humblement d’être conduit par Jésus devient fils de l’unique Père qui aime tous ses enfants et les veut frères.

Alors le Père nous élève en nous faisant traverser les épreuves et la mort. Car s’abaisser avec Jésus, c’est être appelé à ressusciter, c’est recevoir la vraie vie comme un don à partager.

Et cette vie reçue au baptême, nous la nourrissons par la communion, en marchant vers l’autel pour que le Ressuscité nous élève en nous donnant son corps.

Dieu est notre seul maître et Père. Notre Père qui nous élève comme des enfants bien aimés vivant en frères, au service les uns des autres. Et un jour, il nous élévera dans la gloire de la résurrection, auprès de la Vierge Marie l’humble servante du Seigneur élevée au ciel, qui chante dans le Magnificat : « Le Seigneur renverse les puissants de leur trône. Il élève les humbles ».

Dimanche 22 octobre 2017 - 29e dimanche ordinaire A - Mt 22, 15-21

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu

Les Pharisiens veulent prendre Jésus en faute en lui demandant : « Est-il permis à un juif de payer l’impôt à l’empereur romain ? » La question est un piège politique et religieux.

Car Jérusalem est occupée par les Romains qui exigent un impôt. Mais l’empereur est l’équivalent d’un dieu et son portrait, même sur une pièce de monnaie, est une idolâtrie pour un juif qui n’adore que Dieu seul qui n’a pas d’image.

Alors, faut-il payer ou non cet impôt ?

Si Jésus dit oui, c’est qu’il collabore avec l’occupant, ses dieux païens et ses images !

S’il dit non, il fait de la résistance et trouble l’ordre. Et on l’accusera de cela à Pilate : « qui se fait roi s’oppose à César ! »

Alors, Jésus qui connaît la perversité de la question ouvre un chemin de vérité.

« Montrez-moi la monnaie de l’impôt ! » Et ils sortent les pièces de leurs poches ! Le peuple a dû bien rire ! D’autant que Jésus en rajoute en demandant : « de qui est l’image sur les pièces ?  De l’empereur César », disent-ils !

Ils ont donc sur eux l’argent de l’empereur, l’image du faux dieu qui occupe leur ville sainte ! Ils s’en servent : ils ont déjà choisi. Mais Jésus ouvre un chemin vers Dieu. « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Jésus instaure une étonnante séparation des pouvoirs religieux et politique qui sont mis toutefois en alliance respectueuse pour le bien de chacun et du peuple. Car, comme Jésus le dira à Pilate : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut. » Mais cette distinction est une importante nouveauté qui donne au christianisme un statut particulier parmi les religions, source de liberté et d’exigence pour la mission de l’Église.

Si la pièce porte l’image de César elle est donc à César ! Car l’image rend un peu présent celui qu’elle représente.

Mais Dieu ? Pour un juif, aucune image n’est permise. Sauf… Sauf que Dieu a créé l’être humain à son image.

C’est pour cela que l’homme et la femme appartiennent à Dieu et que les servir, les respecter, les aimer c’est les rendre à Dieu. C’est aussi la tâche de tous les César, responsables politiques et chefs d’état, grands chefs et petits chefs que nous sommes tous plus ou moins.

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est rendre grâce du don de la vie et de l’amour. Et donc regarder tout homme comme image de Dieu, surtout les défavorisés. Ils sont la pièce d’argent de Dieu, sa richesse vivante. Et l’impôt que nous avons à payer à Dieu est le service de tout homme qui passe bien sûr par le sérieux de l’action politique. Etre missionnaire c’est annoncer la résurrection de Jésus, bien sûr, et de Jésus qui nous rappelle : « ce que vous avez fait à l’un de ces petits, mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Car ils sont à mon image.

 

INSCRIPTIONS AUX FORMATIONS

Cycle d’initiation en théologie – Cycle d’approfondissement Cours de langues bibliques – Conférences